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 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]

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MessageSujet: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Sam 18 Aoû 2012, 19:44

Vingt ans! La liberté dans toute sa splendeur, ou presque. Il n’avait pas encore le droit de picoler en tout légalité! Certes, dans la fratrie, l’âge de la première bière était plus proche de quatorze ans - et encore - mais ça n’empêchait pas de fêter ça dignement. Avec tous les évènements actuels, la petite fête qu’il s’était promis d’organiser pour son cadet était tombée à l’eau. Mais Samuel ne pouvait pas manquer ça. Lui-même s’était fait embarqué au même âge par ses deux aînés pour une soirée mémorable. Alcool, strip-tease, le tout accompagné de faux papiers, et une nuit avec l’une d’elles, Rebekka, la fille la plus souple qu’il avait rencontré.
S’il suivait cette tradition inter familiale, c’était son tour d’emmener Aidan marquer l’évènement. Il n’y aurait pas de club, et probablement pas de sexe pour lui, mais ce n’était pas là l’important. Cette soirée était surtout une excuse pour passer du temps avec son frère, dont il n’était plus aussi proche qu’avant.

Et puis ce soir, Samuel savait que son frère n’avait rien de prévu et lui-même ne s’était engagé à rien avec Charlie. De toute façon, en ce moment, rien ne semblait au beau fixe entre eux. Une soirée chacun de son côté ne leur ferait, de ce fait, pas de mal.

Il avait donc sagement patienté tout au long de son service au drugstore, sachant que c’était l’un des derniers soirs qu’il servait ces vieux croulants, avec toujours la sensation que les aiguilles le narguaient en avançant à reculons.
Et puis la fin de son poste était arrivé et il avait laissé le tenancier fermer sans même lui adresser le moindre regard.
Le soleil était bas dans le ciel et celui-ci commençait à prendre des teintes orangées quand il longea la rue qui le ramenait au numéro 8. La Volvo était garée juste devant, signe que ses autres frères étaient présents, mais puisque rien n’avait été organisé, il comptait bien passer le reste de la soirée avec pour seule compagnie Aidan. Et puis il ne voulait pas les entendre le sermonner s’il buvait trop, lui jeter des regards inquiets et sentir leur présence inquisitrice. Juste lui et son frère, comme à la bonne époque.

Quand il poussa la porte, il ne vit pourtant pas âme qui vive. Chacun devait être dans sa chambre, et un silence de mort régnait dans les lieux. Que c’était festif! Ce dernier avait presque du mal à croire que c’étaient ces mêmes frangins qui l’avaient embarqué cinq ans plus tôt.
Puisqu’il n’y avait personne dans le salon il grimpa quatre à quatre les marches de l’escalier pour atteindre le premier étage, tendant l’oreille pour déceler une présence humaine, puis haussant les épaules, il parcouru la distance qui le séparait de la porte de la « chambre » de Aidan. Chambre était en effet un bien grand mot mais c’était là où il dormait.

Il frappa quelques coups discrets, un large sourire aux lèvres, levant tout de même les yeux au ciel. Ce crétin n’était quand même pas aller se coucher avec les poules le jour de son anniversaire. Plus brusquement il ouvrit la porte, ne distinguant rien face à l’obscurité de la pièce.

« Putain Sleeping Beauty, si tu me dis que t’es couché, je t’attache direct à ton pieux »

Il souffla, allumant d’un geste sec la lumière, fixant son frère étendu sur son lit qui clignait des yeux pour s’habituer à la clarté. Et tandis qu’il s’apprêtait à lui faire une remarque acerbe, il s’arrêta dans son élan, restant la bouche ouverte. Son petit frère, celui-là même qu’il venait de menacer, était bel et bien solidement entravé à son lit. Il referma la bouche la rouvrit, la referma, ses sourcils se fronçant d’incompréhension. Il aurait pu le détacher si son cerveau avait fonctionné correctement, mais Samuel se contenta de faire un pas en avant dans la pièce, ses mâchoires se resserrant subitement. Il aurait pu poser mille et une questions, y trouver les réponses avec Aidan, mais un seul mot réussit à passer la barrière de ses lèvres, hurlé assez fort pour réveiller tous ceux susceptibles de s’être déjà endormis.

« Aahron! »

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Dernière édition par Samuel T. Donnelly le Sam 18 Aoû 2012, 20:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Sam 18 Aoû 2012, 20:41

    Ca faisait mal. Ca avait rarement fait aussi mal que ce soir.
    Une part de lui était déçue que rien n’ait été organisé pour célébrer la vingtaine d’année qu’il se prenait dans les dents, et en même temps, c’était un soulagement. Aidan aurait été incapable de jouer la comédie et de faire semblant de sourire aujourd’hui. Il avait vu les plus vieux l’observer du coin de l’œil toute la journée, certainement pour évaluer son état d’esprit et définir si, oui ou non, ils devraient tout de même prendre la peine de marquer le coup, avec une sortie, un restaurant, un cinéma ou quoi que ce soit d’un temps soit peu festif. Mais il leur avait fait comprendre que ça n’était vraiment pas la peine de se donner le moindre mal pour sa pomme et ils avaient renoncés, à contrecœur.
    Comment Samuel avait-il fait pour ne pas s‘effondrer quand lui-même l’avait trainé au Susan’s Coffee pour qu’ils chantent, se soulent et s’amusent toute la soirée ? Lui-même serait probablement devenu dingue à sa place !

    Leurs parents étaient morts. Ils étaient morts. Morts, morts, morts. Ils leur avaient donné la vie et maintenant ils n’étaient plus là, c’était terminé. Il y a vingt ans de cela, alors que ses frères et son père étaient au cinéma, Aidan pointait le bout de son nez beaucoup trop tôt.
    Les choses auraient pu mal tourner et l’hémorragie aurait pu tuer sa mère… Il aurait pu la tuer mais ça n’était pas arrivé. Tout avait bien terminé et bêtement, la petite famille s’était crue chanceuse.
    Margaret lui avait toujours soufflé qu’un ange veillait sur lui, qu’il était protégé, en sécurité. Il se sentait trahi à présent, idiot d’y avoir cru. Il avait toujours été turbulent et avait fait pas mal de séjour à l’hôpital pour avoir suivi le mauvais exemple fourni par ses ainés. Mais tout avait toujours bien fini…
    Il avait eu ses moments de doutes, il avait été malmené à l’école, il y avait eu l’attaque de Sean, les départs successif et souvent mouvementés de ses ainés, mais dans l’ensemble, ils ne se débrouillaient pas si mal… Ils étaient heureux. Lui au moins l’était.
    Tout était terminé à présent. Il n’y aurait plus de repas de famille, plus de sapin de Noël, plus de dîner d’anniversaire. Aujourd’hui il était malheureux comme les pierres et ça n’était pas un état passager, il le savait. Tout comme il savait que le décès brutal de ses deux parents n’était pas entièrement responsable de tous ses malheurs. C’était clairement l’élément déclencheur mais il n’y avait pas que ça.

    Ce soir là, après avoir en vain tenté de faire comprendre à Petey qu’il n’avait pas envie de s’amuser (impossible à saisir pour le garçonnet qui raffolait des fêtes d’anniversaire) il était monté se coucher sans rien avaler. Aahron lui avait emboité le pas plus ou moins discrètement pour faire ce qu’il avait à faire.
    Aidan n’y pensait même plus vraiment et puisque l’idée était de lui, il n’allait pas s’en plaindre. Une fois entravé, avant que son frère ne s’éclipse sans rien avoir trouvé de réconfortant à lui dire, il lui avait réclamé la photo de ses parents, rangée dans sa table de chevet.
    Aahron était revenu sur ses pas, la lui avait glissé dans la main avant de déposer un baiser fraternel sur son front, de lui chuchoter un dernier « bon anniversaire » presque honteux puis de sortir en fermant derrière lui.

    Aidan avait longtemps fixé la photographie de Sean et Margaret, se remémorant péniblement la discussion qu’il avait eu avec cette dernière à propos de sa fête d’anniversaire. Elle voulait faire quelque chose de spécial à cette date. Réunir toute la famille. Il avait un peu râlé tout de même, parce que ça ne lui paraissait pas assez cool et qu’à cet âge, il voudrait plutôt passer du temps avec ses amis. Il avait dit ça dans le vent évidemment et sa mère n’était pas dupe. Elle savait qu’il n’avait aucun ami…
    C’est en pleurant à chaude larmes qu’il avait finit par s’endormir sans s’en rendre compte, épuisé.

    Il refit surface un moment plus tard, se sentant tout aussi fatigué, si n’était plus, un peu groggy et les yeux gonflés de sommeil et rougis par les larmes qui avaient continués de s’écouler pendant qu’il sommeillait. C’était la voix d’un de ses frères qui l’avait arraché à sa léthargie et il mit un moment à définir duquel il s’agissait. La lumière vive qui lui brûla les yeux y était pour beaucoup.
    Il cligna plusieurs fois des paupières et passa une main sur son visage au moment où Samuel faisait appel à Aahron, réveillant par la même occasion les vieilles angoisses d’Aidan qui était tout à coup alerte.

    Qu’est-ce qu’il avait encore fait ?
    Qu’est-ce que l’Autre l’avait encore obligé à faire sans qu’il ne s’aperçoive de rien ?
    Pourtant Aahron l’avait attaché ce soir encore ! Il l’avait attaché et il suffit d’un coup d’œil à Aidan pour constater que ses poignets étaient toujours reliés aux montants du lit par les menottes bons marchés qu’ils s’étaient procurés. Aahron n’avait pas osé en réclamer une bonne paire à Dakota de peur qu’elle le prenne pour un pervers, donc ils avaient été directement dans un sexshop… Ce qui le faisait passer pour plus pervers encore évidemment. Mais aucun d’eux n’avait vraiment eu le cœur à rire de la situation.

    Aidan reporta son regard inquiet vers Samuel qui le fixait comme s’il avait vu un fantôme. L’adolescent (qui n’en était plus un à présent qu’il avait atteint ses vingt ans, n’est-ce pas ?) s’examina alors de plus près, cherchant du sang, de la terre, quoi que ce soit d’anormal sur lui, sans rien voir.

      « Qu’est-ce qui s’passe ? » s’alarma Aahron qui venait d’emboiter le pas à Samuel près duquel il se posta, les observant tour à tour
      « J'ai rien fait ! » se défendit immédiatement Aidan en posant sur eux son regard encore larmoyant mais pourtant assuré « J'ai pas bougé j'en suis sûr ! C'est pas moi ! »


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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Dim 19 Aoû 2012, 21:47

Au moment où il avait entendu résonner le prénom de son aîné dans chaque planche de bois de cette bicoque, Isaac avait fait un bond dans son lit, se redressant immédiatement. Il avait bien entendu l’un d’eux monter les escaliers comme un éléphant, et de ce fait, identifier avec certitude Samuel, mais son esprit avait rapidement retrouvé le semi sommeil dans lequel il s’était enfoncé tôt ce soir. Sommeil qui venait d’être brusquement rompu par le même frère. En temps normal, il se serait contenter de beugler après son cadet pour son manque évident de respect, mais dans la conjoncture actuelle des choses, son cœur manqua quelques battements et l’angoisse perpétuelle dans laquelle il était plongée refit surface, mettant ses sens en alerte.
Par réflexe il se tourna vivement vers Allie, elle aussi redressée dans le lit et il se sentit obligé d’allumer sa lampe de chevet pour vérifier qu’elle allait bien, qu’elles allaient bien. Elle lui renvoya son inquiétude de plein fouet, et il se leva prestement pour enfiler son jean.

« Reste ici » souffla ce dernier avant d’ouvrir la porte de leur chambre à la volée, la refermant doucement derrière lui.

Il n’eut pas besoin de s’avancer d’avantage pour entendre son cadet, visiblement furieux, apostropher Aahron pour une chose dont il ne comprenait pas l’origine.

« Qu’est-ce qui se passe? Tu m’demandes à moi c’qui s’passe? Je viens chercher Aidan pour lui payer un verre le jour de son anniversaire et j’le trouve attaché à son propre lit avec des menottes, et tu m’demandes c’qui s’passe? »

Sur ces mots Isaac franchit les quelques pas qui le séparaient de ses trois frères et entra dans la pièce, s’attirant les regards des deux plus grands. Ses yeux allèrent de l’un à l’autre, le premier furieux et le second guère moins avancé, avant d’écarter sans ménagement Sam et de se retrouver nez à nez avec le plus jeune des quatre, qui semblait inquiet, déboussolé, et en effet, attaché à son lit avec des menottes.

« Mais… »

Il se tourna de nouveau vers ses frères, qui le fixaient en retour, sans qu’aucun ne daigne le détacher.

« Mais… »
« Mais mais mais…accouche! » le précipita Samuel en récoltant un regard meurtrier.


Isaac jeta un coup d’œil à Aidan, vérifiant qu’il allait bien, et essaya de le calmer par un regard entendu. Sam était un impulsif, qui préférait attaquer avant d’avoir eu les explications, quitte à passer pour un imbécile ensuite quand la logique tombait. Et il ne fallait pas réfléchir bien loin pour comprendre pourquoi, effectivement, le benjamin de la fratrie n’était plus libre de ses mouvements. Dans son fort intérieur, et il eut honte de cette pensée, il se sentit rassurer de savoir que son frère ne pouvait plus déambuler au milieu de la maison en pleine nuit. Assez honte pour détourner son regard de lui et le reposer sur Aahron.

« Tu comptais nous mettre au parfum quand? » l’interrogea ce dernier, faisant taire Samuel qui s’apprêtait à répliquer d’un regard assassin.

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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Dim 19 Aoû 2012, 23:44

    Dès son réveille, il avait sentit que quelque chose allait se passer. Il s’était attendu à une nouvelle manifestation étrange, histoire de marquer le coup et de rendre mémorable le vingtième anniversaire de son plus jeune frère. Il n’avait donc pas été surpris en entendant Samuel beugler son nom depuis la pièce à côté, réveillant Petey en sursaut.

    Aahron ne dormait pas contrairement à la plupart de ses colocataires. Il était resté prostré au bord de son lit, celui qu’Aidan avait occupé précédemment, son regard azuré se perdant sur la silhouette endormie de son garçon. Il s’était laissé aller à imaginé Petey dans une bonne douzaine d’années. Est-ce qu’il fêterait son vingtième anniversaire en sa compagnie et celle de sa famille où préfèrerait-il sortir avec des amis ? Peut-être s’organiserait-il un grand voyage en Espagne ou dans un pays de ce genre…
    Qu’avait imaginé Margaret à l’occasion du vingtième anniversaire de son petit dernier ? Certainement pas qu’il le passerait dans un village paumé du Missouri. Elle avait imaginé qu’il serait entouré de ses frères certainement, mais pas qu’elle-même et son mari seraient absents…
    Combien de petits enfants s’était-elle imaginer avoir au moment de rendre son dernier soupir ?
    A combien d’anniversaires comptait-elle encore participer avant de souffler ses propres dernières bougies ?

    Ces questions idiotes et macabres lui trottaient dans la tête depuis ce qui lui paraissait être des heures lorsque le cri de Samuel (qu’il n’avait même pas entendu monter) s’éleva dans la maison, brisant le silence qui y régnait depuis qu’Aidan était monté se mettre au lit, bientôt imité par tout le monde.
    Puisqu’il s’y attendait, il n’ne fut pas surpris. Il bondit sur ses jambes, rassura Petey en vitesse et lui donna pour ordre de rester dans sa chambre jusqu’à nouvel ordre et d’attendre sagement son retour. Il lui avait juré que ce n’était rien mais Petey n’y avait pas cru.

    Aahron quitta la chambre pour se diriger vers la pièce adjacente où il trouva Samuel, prostré face à Aidan. Un Aidan paniqué qui faisait passer son regard de l’un à l’autre en essayant de se convaincre lui-même de la véracité de ses propos. Et l’ainé des Donnelly était tenté de le croire puisqu’à première vue, et après un examen rapide des lieux, il ne constata rien d’anormal. Son frère était toujours attaché à son lit et…
    La lumière se fit dans son esprit une fraction de seconde avant que Samuel se lance dans son discours piquant. Isaac arriva là-dessus, aussi médusé que son cadet.

    Aahron pour sa part, était pour l’instant plus soulagé qu’autre chose, et à en croire l’expression d’Aidan, lui aussi l’était. Mais très vite, la culpabilité remplaça l’odieux sentiment d’apaisement qui s’était emparé de lui en réalisant que c’était simplement le fait de trouver son frère attaché par ses soins qui avait alarmé Samuel… Ca n’avait rien de banal, c’était abject. Il avait honte d’en être réduit à cette extrémité et d’en tirer en plus de cela du réconfort chaque soir. Mais pouvait-on vraiment le blâmer après sa découverte de l’autre soir ?

    Il poussa un soupir et passa une main dans sa nuque avant de répondre à Isaac.


    « Pour être tout à fait honnête, j’espérai bien jamais avoir à le faire » répondit Aahron qui faisait effectivement preuve d’une grande franchise à cet instant et avait toujours refusé d’y penser
    « C’est moi qui lui ait demandé » intervint timidement Aidan, reniflant discrètement, le regard aussi fuyant que l’était celui d’Isaac « Enfin au départ, je l’avais demandé à Julie quand elle était là. Je croyais qu’elle allait trouver ça bizarre, penser que… bah que j’avais des pratiques louches, mais elle a eu l’air rassuré alors je me suis dis que c’était une bonne chose. Elle le faisait avec un foulard mais après Aahron… »
    « Je l’ai surpris comme ça un soir et j’ai décidé de prendre la relève » enchaina Aahron en entendant la voix de son frère se faire plus tremblante et pressentant quelques larmes « On essayait d’être discrets. Julie montait se coucher avec lui mais quand tout le monde allait au lit, on échangeait nos places et elle allait dormir en bas pendant que… »
    « Pendant qu’il me surveillait pour éviter que j’vous fasse tous la peau dans la nuit. Vas-y tu peux l’dire, c’est c’que tout le monde pense de toute façon » marmonna Aidan, une pointe de défi ou d’accusation dans la voix et dans son regard rougi qu’il dirigea vers Samuel

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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Lun 20 Aoû 2012, 23:04

Alors qu’il s’apprêtait à répliquer il se fit devancer par Aidan, qui avoua être à l’origine de cette idée. Le jeune homme resta coi, la bouche légèrement entrouverte, à fixer son petit frère, levant les bras en signe de fatalité.
Voilà donc où ils en arrivaient! Attacher leur propre frère à son lit pour espérer dormir sur leurs deux oreilles. En sont fort intérieur, loin derrière la colère, Samuel savait que c’était la chose à faire, et qu’ils avaient eu tous deux « raison » d’agir ainsi. Mais cette pensée restait encore voilée, et il n’était fixé que sur le côté honteux de cette découverte. Et le fait qu’ils aient gardé ça secret ne faisait que renforcer ce sentiment. Ils avaient fait ça en douce, sans juger bon de les prévenir lui ou Isaac, et en espérant que ça ne soit pas découvert. Finalement il ne savait pas ce qui faisait le plus mal: qu’on le mette à l’écart et lui cache une chose aussi importante, la vision de son cadet, impuissant et les yeux rougis par ce qui semblait être des larmes, ou le constat sans appel qui s’imposait à lui et qu’il était obligé de regarder en face. Fini de faire l’autruche, de prétendre que Aidan irait mieux. Ce dernier allait mal et c’était un fait, il craignait ses crises. Et ils étaient tous impuissants face à cet état de fait.

Mais ça ne changeait pas son avis sur ce qu’il avait vu en pénétrant dans la chambre. Il y avait sûrement un autre moyen moins radical et moins honteux. Ils pouvaient le surveiller à tour de rôle sans être obligés de l’attacher comme un chien à sa niche pour ne pas qu’il s’échappe. Ils n’étaient pas forcés de lui tourner le dos et le laisser seul, chaque nuit, avec ses entraves. Et encore moins de le laisser passer la soirée de son vingtième anniversaire comme ça.

« Génial, vraiment génial » lâcha-t-il dans un rire nerveux et faux. « File les clés à Isaac pour qu’il le détache » ajouta ce dernier en les pointant successivement du doigt, coulant un regard vers celui-ci qui le fuit savamment. « Isaac? »
« Aidan a raison » lâcha ce dernier en fixant le sol. « Je suis désolé Sammy mais je me sens plus en sécurité comme ça »
« Tu….tu t’sens plus en sécurité? » répéta ce dernier avec consternation. « T’es prêt à venir verrouiller ses menottes chaque soir pour te sentir plus en …sécurité? C’est son putain d’anniversaire! » cria-t-il en faisant un pas en avant, rapidement bloqué par Isaac qui se redressa pour lui faire face.
« Justement. Aidan a vingt ans, il est adulte et il a pris une décision. À nous de la respecter, même si ça fait de nous des frères indignes, et même si j'aurais aimé être mis au parfum »

Ils baissèrent tous les deux les yeux vers le plus jeune pour ne pas parler de lui en faisant comme s’il n’était pas dans la pièce. Isaac transpirait la honte et une culpabilité naissante quand le regard de Sam ne laissait voir qu’une incompréhension et une colère grandissante.

« Ouais, c’est le mot » cracha-t-il en se reculant avec une mine de dégoût. « Indignes » grinça-t-il entre ses dents.

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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Mar 21 Aoû 2012, 13:12

    Son soulagement avait rapidement fait place à une colère sourde, provoquée en grande partie par la honte qu’il éprouvait à présent. Il se sentait minable, attaché comme ça à son lit pendant que tout le monde débattait sur son cas et le regardait avec pitié, entre autres sentiments désagréables à capter. Non en fait, le pire était sûrement de les voir détourner le regard avec gêne lorsqu’ils surprenaient le sien. A croire qu’il était nu dans ce putain de lit et venait de violer des petits enfants ou des chiens… C’était à peu près ça de toute façon, non ? Il était le mouton noir de la famille, celui qu’il fallait attacher la nuit pour pouvoir dormir sur ses deux oreilles, le petit secret honteux dont on évitait de parler à la lumière du jour et surtout pas devant témoins.
    C’était la première fois que cet état de fait lui posait problème. Bien sûr, il n’avait jamais particulièrement fait le fier tandis que Julie l’attachait avant d’échanger sa place avec Aahron pour plus de sécurité, mais il avait réussi à se détacher mentalement de tout ça, se faire une raison. Après tout, c’était réellement son idée et c’était plus prudent comme ça. Ca rassurait son frère, sa petite amie et lui-même qui avait l’impression de pouvoir dormir un peu plus sereinement, sans craindre du moins de réaliser ses pires cauchemars en découpant toute sa famille à la hache…
    Mais ce soir, c’était différent. Maintenant que le pot aux roses étaient découvert, il se sentait furieux.

    Il en voulait à Aahron de ne pas avoir réagit comme Samuel en découvrant ce que Julie faisait, d’avoir trouvé que c’était une bonne solution et de ne pas en avoir cherché une autre. Il le détestait pour avoir proposé que, chaque nuit, lui et Julie échangent leur lit pour pouvoir mieux le surveiller. Il détestait l’idée qu’ils le pensent tous deux capable du pire et qu’ils aient songé qu’Aahron saurait mieux se défendre face à lui.
    Il détestait le reste de sa fratrie pour ne rien avoir remarqué avant maintenant. Pour ne pas être venu le voir une seule fois une fois la nuit tombée pour une raison ou une autre.
    Il en voulait à Samuel pour avoir une fois encore fuit le domicile, l’abandonnant à son sort pour aller se la couler douce chez sa petite amie. Rien à foutre de cette histoire de grand-mère de Charlie à moitié folle, il n’était pas ligoté à son putain de pieu tous les soirs lui ! Et cette histoire de manque de place lui paraissait totalement tirée par les cheveux en cet instant. Samuel était censé être son frère, était censé le protéger, l’aimer et il se tirait, comme toujours.
    Il en voulait à Isaac d’avoir passé la moitié de son temps avec Allie et l’autre moitié à le détester.
    Tout ça lui paraissait soudain être de leur faute à eux. Et les voir se renvoyer la balle de cette manière le rendait complètement dingue.

      « Va te faire foutre ! Allez tous vous faire foutre avec vos belles phrases et vos bons sentiments ! Y en a pas un pour rattraper l’autre ! Aahron t’as jamais été là pour moi, j’avais oublié quelle tronche t’avais jusqu’à ce que tu reviennes magiquement à la maison avec une meuf et un môme dans les bras et t’as vécu ta vie bien loin de la mienne jusqu’à aujourd’hui ! Les seuls moments où je te voyais, c’était quand tu venais chialer sur ton sort sur le porche de la maison parce que Trisha t’avais largué comme la dernière des merdes ou quand maman me trainait chez toi pour te voir chialer encore un peu plus et t’entendre parler encore et encore de cette sale pute que t’aime encore malgré la façon dont elle t’a toujours traité ! » cracha-t-il hargneusement à Aahron

    Ce dernier s’était approché pour répondre à la demande de Samuel de le détacher, avant de s’immobiliser quand Isaac s’en était mêlé. Ses yeux étaient écarquillés et braqué sur lui. Aidan fut bien tenter de lui cracher au visage lorsqu’il comprit qu’il le sondait, doutant d’avoir réellement à faire à lui.

    Eh bah si mon gros, c’est moi et bien moi et j’ai plus d’un compte à régler avec chacun d’entre vous !

    « Vas-y, fais-toi plaisir surtout » gloussa la voix à l’intérieur de lui. Celle que des menottes n’arrêteraient jamais…

      « Ca t’arrange bien hein que j’ai pris cette grosse décision en adulte responsable, pas vrai Isaac ? Ca t’évite d’avoir le mauvais rôle ! En tout cas, celui de mauvais frère, ça t’y coupera pas, tu l’as et depuis bien longtemps ! Tu m’as toujours pris pour le petit truc braillard qui t’empêchait de réviser tranquillement ou qui, depuis que maman t’avais obligé à me prendre chez toi, t’empêchait de dormir peinard et de vivre ta petite vie ! Tu m’as toujours regardé comme un putain de parasite ! Le putain de parasite qui venait pomper l’énergie de papa et maman, qui venait te pomper l’air, qu’on t’obligeait à garder parce qu’Aahron s’était tiré et que t’étais le plus vieux maintenant. Et quand je suis pas un parasite, je suis ton cas d’étude ! Je suis pas ton putain de patient, Isaac ! Je suis ton FRÈRE, tu piges ? Et en passant, tes histoires de terreurs nocturnes débiles, d’hypnose et toutes ces conneries, tu peux te les fourrer bien profondément dans le cul, t’es à des années lumières de la vérité ! »

    Il lui jeta un dernier regard mauvais avant de passer à la suite. Ils allaient tous en prendre pour leur grade ce soir. Il avait attendu des semaines, des mois, des années pour vider son sac et maintenant qu’il était lancé, il ne comptait plus s’arrêter en si bon chemin. Et d’ailleurs, aucun de ses frères n’essayait de protester ou de l’interrompre…

      « Samuel, t’es peut-être le pire d’entre eux pour m’avoir toujours fait croire que tu serais là pour moi avant de te défiler à chaque fois que j’ai effectivement eu besoin de toi ! Tu t’es tiré quand on était petit, tu as disparu quand papa et maman sont partis, et maintenant que j’ai besoin de toi, t’es où ? Tu crois qu’une apparition surprise à mes anniversaires pour m’amener me déchirer la tête fait de toi un bon frangin ? Tu crois que ça te rends meilleur qu’eux deux là ? Tu crois que tu me connais mieux qu’eux ? Si c’est le cas, tu te goures totalement ! » articula-t-il froidement, le visage rougi par la colère « J’en ai marre de faire semblant que ça me convient comme relation, marre de faire semblant que je trouve suuuper cool de sortir avec mon grand frère chéri fumer des joints, boire en douce et me faire péter le poignet parce qu’il a décidé que ce serait tellement génial de faire les cons ! T’as plus quinze ans Samuel, alors grandis un peu ! »

    Voilà, la première vague était passée, le laissant essoufflé et étourdi. Une chance qu’il soit cloué dans son lit car s’il avait été debout, il aurait eu besoin de s’asseoir urgemment. La tête lui tournait et les éclats de rire de l’Autre dans sa tête n’arrangeaient rien.
    Il avait pensé que tout ça le soulagerait un minimum mais ça n’était pas le cas du tout, au contraire. Il se sentait encore plus ridicule, attaché sur son lit à cracher son venin. Il avait l’air d’un malade…

    « Oui, un fou c’est le mot ! J’ai adoré ! Tu étais grandiose ! Parfait ! »
    Et lorsqu’il comprit que toute cette idée n’était pas totalement la sienne, que l’Autre l’avait poussé à dire toutes ces choses, à ressentir toute cette haine, il éclat en sanglots. Comble du ridicule. Il ne pouvait même pas vraiment se cacher le visage dans la position où il se trouvait et à cause de ces maudites menottes. Il était coincé, stupide et seul maintenant que ses frères devaient le détester pour ce qu’il leur avait dit.

      « Pleure pas Aidan »

    La voix de Petey le surprit tellement qu’il arrêta effectivement de pleurer tout à coup. Il tourna la tête en direction de la porte en même temps que ses frères qui, jusque là, étaient restés les bras ballants, et renfila bruyamment. Allie se tenait là également, derrière le fils d’Aahron qui les observait tous tour à tour.
    Il finit par pousser un petit soupir, comme s’il était un peu contrarié par l’inactivité de tout le monde, puis il s’avança d’un pas tranquille et assuré vers le lit de son plus jeune oncle. Aahron amorça un mouvement pour l’arrêter mais n’en fit rien finalement. Aidan se laissa alors approcher, intimidé par le petit bout d’homme qui passa ses bras autour de sa taille pour l’enlacer gentiment, terminant de l’apaiser et de sécher ses larmes.

      « T’en fais pas. Je sais que c’est pas toi qui fais tout ça. Je suis désolé d’avoir eu peur de toi » s’excusa-t-il en levant un regard brillant d’intelligence vers lui, avant d’ajouter dans un murmure à peine audible « Je sais que c’est à cause du Monsieur qui parle dans ta bouche… Je l'entends moi aussi parfois »


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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Jeu 23 Aoû 2012, 19:29

Peu importait au jeune homme en cet instant précis de savoir si c’était réellement son frère qui venaient de cracher toutes ces vérités ou « l’autre » qui parlait parfois à sa place, se faisant blessant. Ils étaient restés tous les trois sans voix, lui le premier, et sa colère était retombée comme un soufflé. S’entendre dire toutes ces choses de plein fouet avait remis sa culpabilité au premier plan. C’était vrai, il en avait conscience, il fuyait ses responsabilités et les problèmes, il l’avait toujours fait. Avec ses parents, avec les filles, avec ses dettes de jeu. Il était même étonnant qu’il soit encore ici, avec ses frères, avec Charlie. En temps normal, ses bagages auraient été faits et il aurait pris son envol vers un lieu inconnu où personne ne le connaissait, personne le ne jugeait.
Mais il était resté, et il était planté là, comme un épouvantail dans un champ de maïs, à attendre que l’un d’eux brise le silence de mort qui s’était installé.

Il fallait avouer, en toute franchise, qu’en plus d’être de piètres frères, ils étaient lâches. Tous avaient baissé la tête, admirant le plancher en bois, et aucun d’eux n’osaient plus se regarder dans le blanc des yeux. Si bien que la petite voix de Petey les fit tous sursauter. Samuel se retourna, jetant au passage un coup d’œil à Allie. Leur manque de discrétion, et lui en tête, les avaient fait se rapprocher et c’était son neveu qui semblait porter la seule once de courage de cette famille. C’était encore plus honteux tout à coup. Un gamin de moins de dix ans venait de les dépasser et de leur montrer, par sa maturité précoce, qu’ils n’étaient qu’une bande de gamins pleureurs et bagarreurs.

Il fut le seul à trouver les mots pour calmer Aidan, le seul qui daigna lui porter un geste d’affection et lui montrer qu’il n’était pas seul. Si bien qu’il se demanda s’il était vraiment un Donnelly. Sans orgueil mal placé il s’excusa auprès du plus jeune de ses oncles, l’enlaça et continua de faire se sentir coupable les trois autres.

Cependant, ce ne fut pas tout ça qui fit se retourner l’estomac du barman, mais la phrase qui suivit et conclut son discours. Il dut se répéter à plusieurs reprises les mots dans son esprit pour qu’ils passent la barrière confuse de son cerveau, avant de froncer les sourcils d’incompréhension. Un regard aux deux autres lui fit comprendre qu’il n’était pas le seul à être dans le brouillard, mais pour une fois, il fut le premier à réagir.

« Je l'entends moi aussi parfois »

Le jeune homme fit quelques pas en avant, se plaçant accroupi pour être à hauteur de son neveu. Ce n’était pas vraiment son rôle mais sa curiosité lui fit outrepasser le fait que Aahron se trouvait juste derrière lui. Il posa une main sur la cuisse de son neveu, pour obtenir son attention, plantant son regard dans le sien.

« Petey, qu’est-ce que tu veux dire quand tu dis que tu l’entends toi aussi? » questionna ce dernier, alors que le garçon se rendait compte, peut-être, qu’il en avait dit plus qu’il le souhaitait.
« Personne ne va te gronder » intervint Isaac, visiblement impatient lui aussi d’en connaître plus.
« C’est important » ajouta Sam sans se montrer pressant, pour ne pas le brusquer alors que Petey cherchait un approbation muette chez son père.

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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Jeu 23 Aoû 2012, 20:58

Petey Donnelly


Petey pensait avoir parlé suffisamment bas pour qu’aucun des adultes ne puisse l’entendre mais il s’était trompé. Il faut dire que depuis quelques instants le silence qui régnait dans le petit débarras faisant provisoirement office de chambre à coucher était quasi religieux et qu’on aurait pu entendre le tic-tac d’une montre sans mal…
Lorsque Samuel attira son attention, les yeux du petit garçon s’écarquillèrent d’horreur en réalisant ce qu’il venait de faire, au même titre que ceux d’Aidan qui, dévoré par l’angoisse, commençait à agiter sa tête de gauche à droite. Il voulait qu’il se taise et Petey comprenait pourquoi.
Parce que ça n’arrangeait pas les affaires de l’Homme…

« Tout juste Auguste ! Et si tu ouvres ta belle petite gueule, j’te jure que je vais tuer ton connard de paternel… »

L’estomac du gamin se révulsa et son visage perdit quelques couleurs. Il leva un regard interrogatif vers Aahron qui avait l’air aussi mal à l’aise que lui. Son père déglutit péniblement, mordillant inconsciemment sa lèvre inférieure avant d’approuver après quelques interminables secondes.

« Arrête de regarder ce gros con, regarde-moi ! Ecoute-moi ! C’est moi qui décide ici et… »
« Tu m’fais pas peur, t’es rien d’autre qu’une petite voix minuscule » articula soudain le petit blondinet en coulant un regard plein d’une soudaine assurance à Aidan qui resta coi. Il fit ensuite de nouveau face à Samuel qui observait son manège en essayant de dissimuler sa frousse et son impatiente du mieux qu’il le pouvait, comme ses ainés « Il me dit des choses. Pour me faire peur. Des fois c’est Aidan qui les dit mais je sais que c’est pas Aidan qui veut les dire et d’autres fois, il parle dans ma tête, comme si c’était moi qui pensait. Parfois, il me dit que ce serait drôle si je faisais mal à des animaux, mais je l’écoute jamais parce que je sais que c’est pas gentil de faire ça. Pas gentil du tout… » ajouta-t-il d’un ton entendu qu’il adressa à son père, bouche bée « Il est très fort et très méchant. Il dit que c’est sa maison et que c’est lui qui décide. Il dit…que…que si je fais pas comme il dit, il va te tuer…Il dit qu’il va obliger Aidan à te tuer, papa… »

Sa voix s’était brisée et des larmes commencèrent à envahir ses yeux clairs. Bousculant gentiment Samuel, Aahron s’avança alors pour soulever son fils du sol et le serrer avec force dans ses bras.

« Personne ne me fera de mal, Petey. Surtout pas Aidan »
« Il dit que tu mens. Il dit que tu sais qu’il est capable de le faire, qu’Aidan l’a déjà fait. Il dit que c'est pour ça que tu l'attaches. Il dit que tu le sais aussi, Allie » fit le petit en tournant son visage larmoyant en direction de sa tante qui, elle aussi, avait pâlit et paraissait au bord du malaise

Continuant de bercer son garçon dans ses bras, Aahron croisa le regard de chacun des protagonistes, terminant par faire porter son regard las sur sa belle-sœur, comme pour la sonder. Mais il y avait également un soupçon de remord dans ses yeux.

« Je pense qu’on a tous besoin d’un verre » lâcha-t-il alors, d’un ton sombre, d'une voix éteinte.

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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Ven 24 Aoû 2012, 13:44

    Gardant Petey dans ses bras et caressant distraitement son dos dans l’espoir d’apaiser un peu ses pleurs silencieux, Aahron expliqua à Isaac où se trouvaient les clés des menottes. Tout le monde paraissait sous le choc des révélation de son petit garçon qui, à présent, avait abandonné ses airs assurés pour redevenir un gamin terrifié de sept ans qui vient de faire la plus grosse confession de sa vie. Il était épuisé, son père pouvait le certifier à la manière dont il pleurait dans son cou et se cramponnait à lui, ce qui ne voulait pas dire que sa nuit serait bien reposante. Aahron prévoyait de le veiller pour intervenir à chaque fois qu’il l’entendrait gémir durant ses cauchemars qui, s’il avait dit vrai (et au fond, il n’en doutait pas une seule seconde) seraient légion.
    Sans vraiment savoir comment ils en avaient trouvé la force, ils étaient tous descendus au rez-de-chaussée, les uns à la suite des autres. Allie en tête, lui et Petey ensuite, suivis par Samuel et Isaac qui encadraient leur plus jeune frère. Il avançait comme un somnambule, d’une démarche malhabile et un peu raide qui ne plut pas vraiment au plus vieux des Donnelly. Il avait l’air sous le choc et il l’était d’ailleurs sûrement.
    Mais Aahron préférait ne pas y penser, ne pas se laisser aller à réfléchir aux conséquences des paroles de son fils. Pas tant qu’il n’aurait pas eu son verre entre les mains.

    Une fois en bas, Allie se dirigea d’un pas aussi mécanique que celui de son frère vers la cuisine et Isaac le bouscula un peu pour le dépasser et la soutenir. La respiration de la jeune femme était un peu sifflante, comme si elle venait de courir un marathon.
    Aahron savait que c’était un peu ce qui se passait. Elle venait d’effectuer une longue traversée du désert en solitaire par sa faute. Il lui avait demandé de se taire, de vivre avec sa peur et de surtout la fermer. Elle savait ce qui l’attendait à présent et devait être aussi morte de trouille que lui…


    « Je vais allonger Petey. Emmène-le dans la cuisine » lâcha-t-il à Samuel en désignant Aidan, avant de se diriger lui-même vers le salon

    Il ne leur accorda plus d’attention et s’installa sur le canapé avec son garçon dans les bras, qu’il continuait de bercer. Petey ne pleurait plus à présent, mais c’était presque pire. Installé sur les genoux de son père, il restait amorphe, sa tête blonde appuyée dans le creux de son épaule, le regard perdu dans le vague.

    « Petey ? » l’appela-t-il tendrement, venant frotter son nez contre celui parsemé de tâches de rousseurs de son fils, pour attirer son attention « Tu m’écoutes ? »

    L’intéressé hocha lentement la tête et croisa le regard de son père, retenant une nouvelle fournée de larmes et déglutissant péniblement.

    « Ce que tu as fait tout à l’heure… C’était très courageux » dit-il en esquissant un lamentable sourire qu’il ravala bien vite « Je sais que ça a dû être très dur de nous raconter tout ça et je veux que tu saches que c’était la bonne chose à faire… »

    Sa gorge se noua douloureusement et il poussa un lourd soupir destiné à évacuer son chagrin et son remord autrement qu’en éclatant lui aussi en sanglots. Ça n’était pas la chose à faire.

    « Je suis désolé de ne pas l’avoir fait à ta place. Je n’ai pas été aussi fort que toi. Mais je veux que tu saches que, quoi qu’il arrive… tu as pris la bonne décision, mon grand. Tu m’as montré ce que je devais faire et maintenant, je vais essayé d’être aussi courageux que toi. Il ne m'arrivera rien et je ne laisserai personne te faire le moindre mal. Je te le promets, d’accord ? Tu me crois ? »
    « D’accord papa » finit-il par lâcher

    Et une fois encore, Aahron eut l’étrange impression d’être l’enfant, celui qui avait finalement besoin d’être rassuré et que son garçon de sept ans était plus mature que lui. Il y avait quelque chose de vieux dans son regard… Comme dans celui d’Aidan par moment.

    « Je vais aller parler avec tes oncles et Allie. Je préfère que tu restes là et que tu te reposes un peu. Tu veux bien ? »
    « Oui, ok » approuva Petey, somnolant déjà

    Aahron lui adressa un sourire plus confiant, déposa un baiser sur son front, puis l’aida à s’allonger et alla lui chercher une couverture dans le meuble. Il en extirpa une bouteille de whisky qu’il conservait là depuis un moment avant de refermer la petite porte en bois. Il revint couvrir son fils, l’embrassa une nouvelle fois avant de caresser son dos et de l’inciter à fermer les yeux, puis rejoignit les autres.
    Aidan était assis d’un côté de la table, le regard vague et l’air ahuri, et Samuel se tenait à ses côtés et le surveillait du coin de l’œil d’un air soucieux. S’inquiétait-il pour son frère ou pour lui-même ? Pas moyen de le savoir.
    Isaac était assis en face, aux côtés d’Allie qui pleurait en silence, ses mains tremblantes entourées par celle de son fiancé. Aahron n’en était pas certain, mais il avait l’impression de sentir son regard lourd de reproche peser sur lui. Si c’était le cas, il ne pourrait pas le blâmer. Tout ça était en grande partie sa faute, c’était un fait.

    Quatre verres avaient été sortis et n’attendait plus que lui et, avant de prendre la parole, Aahron prit grand soin de les servir. Il les fit glisser vers ses frères puis reposa la bouteille devant lui et avala le sien cul sec, avant de le reposer sur la table.


    « Avant toute chose, je voudrai m’excuser auprès de vous tous et particulièrement d’Allie pour être aussi lâche… Je me suis persuadé que je faisais tout ça pour protéger Aidan, mais c’était faux. J’ai menti pour ne pas avoir à affronter tout ça et tout le monde en a souffert, à commencer par mon propre petit garçon qui s’est montré bien plus courageux que moi »

    Aahron étendit ensuite sa main en direction d’Allie, à sa gauche pour l’apposer sur son bras. La jeune femme sursauta presque à ce contact, faisant croitre la culpabilité de l’ainé des Donnelly d’un nouveau cran. Elle finit par se détendre un peu et leva ses yeux brillants vers lui.

    « Je suis sincèrement désolé de t’avoir obligé à te taire Allie » lâcha-t-il, lui donnant de manière sous entendue la permission de tout avouer à présent

    Lorsqu’elle commença, il retira sa main et tourna toute son attention vers Aidan qui continuait d’afficher cet air épouvanté et choqué. Aahron était partagé entre l’envie de savoir ce qui se passait dans sa tête et celle de ne jamais, surtout ne jamais, en avoir ne serait-ce qu’un aperçu…

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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Ven 24 Aoû 2012, 15:54


    Ils n'étaient pas discrets et il était logique qu'elle ait fini par se lever pour les rejoindre. Son neveu l'avait tout juste précédé et quand elle était arrivé dans la chambre, elle avait eu l'impression d'atterrir dans un tout autre monde. Aidan attaché au lit réglant ses comptes avec chacun d'entre eux. Pensait-il réellement tout cela ? Avait-il vraiment tort tout au fond ?

    Et pourquoi se sentait-elle si peu coupable de le voir attaché à son lit de la sorte ? Tout simplement parce que cela lui donnait une impression de sécurité. Il ne pourrait pas sortir et tuer encore des animaux ou pire... s'en prendre encore à eux, à elles... Comme elle pouvait se detester d'être si faible et de ne rien dire. Pourtant elle avait envie de leur dire de le détacher et que tout cela cesse mais rien ne passa la barrière de ses lèvres.

    Si bien que le plus jeune d'eux tous fut le héros de la soirée et réussit à désamorcer Aidan. Du moins jusqu'à ce qu'il continue. Et quand elle avait entendu tout cela et qu'il avait annoncé qu'elle savait. Son petit monde venait de s'effondrer une nouvelle fois sous ses pieds. Elle était sorti de la pièce la première pour tenter de cacher les larmes qui venaient d'apparaître aux coins de ses yeux. Comme elle s'en voulait d'avoir eu à se taire, comme elle s'en voulait d'avoir écouté Aahron et d'avoir caché ca au père de ses filles. Comment allait-il réagir ? Elle n'en avait pas la moindre idée.

    Et sans vraiment savoir comment elle s'était retrouvée à cette table, elle venait de prendre conscience qu'il était temps de parler et de tout expliquer. L'aîné venait de l'approuver après son petit discours et comme elle lui en voulait...

      "Je suis désolée..."

    Ses yeux sombres étaient tous focalisés sur son fiancé, c'était surement lui qui allait très mal le vivre. Sans oublier Aidan à qui elle avait promit de se taire mais cela ne fonctionnait plus désormais. Petey aussi était dans le tas.

      "Quand on est arrivé, il y a eu un accident avec Aidan. Il m'a... menacé avec une hache et m'a expliqué que j'étais enceinte..."

    Ils allaient la croire folle.

      "C'était comme une crise de somnambulisme aigu sauf qu'il savait très bien ce qu'il me disait, c'était comme s'il était quelqu'un d'autre et c'était comme les autres fois en somme. Et puis il y a eu le chat... J'ai eu une vision et je suis allée déterrer dans le jardin et il y avait une tête de chat mort et je sais que c'est Aidan qui l'a fait. Aahron tu le sais !"


    Ses sanglots redoublèrent de volume, ce qu'elle disait n'avait pas de sens et était totalement decousu mais elle avait du mal à suivre le cours de ses propres songes. Alors tout expliquer aux autres...

      "Je suis désolée."

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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Sam 25 Aoû 2012, 23:16

Il était en train de cauchemarder. Oui, c’était ça. Samuel ne l’avait pas réveillé par son cri. Il s’était endormi « paisiblement » aux côtés de sa fiancée et avait plongé dans un sommeil lourd et agité. Il ne se trouvait pas vraiment autour de cette table -sans savoir d’ailleurs comment il était arrivé jusque là dans la confusion des choses- et rien de tout ceci n’avait eu lieu. C’était probable. Un esprit tourmenté comme le sien cherchait soit un échappatoire dans des rêves utopiques, ou la triste réalité des choses le rattrapait sous forme de rêves immondes. Soit l’un, soit l’autre. Mais pas ce qu’il était en train de vivre.
Pourtant les sanglots de sa compagne lui soufflaient qu’il ne rêvait pas, qu’il avait bel et bien assisté à toutes les récriminations de son jeune frère, au courage de son unique neveu et aux deux aveux qui avaient suivis.

Son bras n’entourait plus les épaules de Allie, de même que son regard était fixé sur un nœud de la table, la tête légèrement baissée. Isaac ne savait pas ce qui était le pire. Apprendre que son cadet avait menacé sa fiancée avec une arme blanche, ou que celle qui portait ses filles lui avait menti sur un sujet aussi sensible depuis des semaines, alors qu’elle prônait une sincérité absolue entre eux. Deux trahisons en quelques secondes, voilà beaucoup à encaisser, trop pour qu’il ne puisse réagir.
Il aurait dû se mettre en colère, plaquer Aidan au sol et le marteler de coups jusqu’à ce que ses propres jointures s’écorchent et saignent. Il aurait dû envoyer valser sa chaise et apostropher sa fiancée en lui relançant ses beaux discours de la franchise dans un couple.

La première solution l’aurait finalement blessé autant que son frère de par l’animal qu’il aurait fait ressortir en lui et la seconde option l’aurait fait mourir de honte par la suite si jamais Allie ne supportait pas la confrontation dans son état. L’un dans l’autre il était voué aux remords. Douce ironie quand il y pensait. C’était lui qui apprenait les mauvaises nouvelles mais qui se sentait coupable des réactions qu’elles pouvaient engendrer sur sa personne.

Alors sans un mot, comme un automate, il attrapa le verre qui était devant lui et le vida cul sec, le reposant doucement, au ralenti, à l’endroit exact où il se trouvait quelques secondes plus tôt, le visage toujours baissé. S’il regardait Aidan, il craignait que du dégoût et de la rage transparaissent dans ses yeux, et s’il regardait Allie, la colère et les reproches fuseraient de ses prunelles azurées. Quant à Aahron, il était visiblement au courant de certains faits et avait jugé bon, lui aussi, de se taire. Comme les menottes. Le seul qu’il osa regarder dans les yeux ce fut Samuel, et seulement parce qu’il le resservait généreusement en alcool, et le contact fut plus bref. Le frère dont il se sentait le plus proche en ce moment était celui de qui il avait toujours été le plus détaché.

« Aidan te menace avec une hache et tu ne me dis rien. Tu l’attaches à son lit, et tu ne nous dis rien. Vous êtes les premiers à nous rabattre les oreilles qu’il faut se montrer unis, soudés plus jamais, et vous usez de notre confiance » souffla-t-il en se contentant de jouer avec son verre. « Sammy si tu veux m’avouer que tu es le père de mes filles je t’en prie, c’est le moment, j’suis prêt à encaisser » lui lança-t-il avec un rire nerveux mais le seul résultat qu’il obtînt fut de le faire rougir jusqu’aux oreilles et baisser les yeux.

Le ton était calme, presque murmuré, sans un mot plus haut que l’autre, et c’était bien plus déstabilisant qu’une montée soudaine de colère.

« Et toi » reprit-il en osant planter son regard dans celui de Aidan. « Tu es celui de nous qui est le plus susceptible de comprendre ce qui se passe dans ta petite tête. Je suis même certain que tu comprends beaucoup plus de choses que tu veux bien l’admettre. Tu prétends ne te rappeler de rien à chaque fois et je t’ai toujours cru. À présent je trouve ça juste commode » continua Isaac, levant le doigt en direction de Sam qui tentait d’intervenir. Il se leva de sa chaise, se penchant au dessus de la table pour faire face au plus jeune. « Tu nous craches nos vérités à la face quand bon te semble et personne ne t’en tiens rigueur longtemps parce que ce n’est pas vraiment toi pas vrai? » demanda-t-il par pure rhétorique. Sa voix ne montait pas en octave mais son ton était plus cassant, plus incisif. « Tu as toujours aimé te positionner en victime et ça fonctionnait très bien avec maman. Tu as menacé ma fiancée avec une hache, et tu nous mets continuellement en danger par tes non dits. Je sais très bien qu’il y avait une part de vrai dans ce que tu as dis toute à l’heure mais devine quoi. Des quatre ce soir, tu es le plus pitoyable de cette fratrie » cracha-t-il avec un regard haineux.

« Très bon anniversaire Aidan! »

Sur ce il contourna la table et se posta face à la fenêtre de la cuisine, serrant ses mains sur le rebord à s’en faire blanchir les jointures. Isaac ferma les yeux quelques secondes, regrettant déjà en son fort intérieur les paroles qui venaient de franchir la barrière de ses lèvres. Il n’aurait pas dû et tout le monde lui ferait la remarque. Et bien qu’ils aillent tous se faire foutre. Il essayait déjà de retenir toute la colère qu’il ressentait et menaçait d’exploser à l’intérieur, et bien il voulait bien prendre la responsabilité de ses paroles. Il n’avait même pas la force de quitter cette pièce pour s’isoler et se calmer. Il n’avait plus la force de rien.

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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Lun 27 Aoû 2012, 12:26

    « Lui enfoncer tes pouces dans les orbites jusqu’à ce qu’il les chie ! VOILA CE QUE TU AURAIS DÛ FAIRE, PAUVRE MERDE ! Tu crois que j’ai hésité ? Tu crois que j’ai hésité moi ? NON ! Pas une seule PUTAIN de SECONDE ! Qui m’a foutu un incapable pareil ! Oh tu vas me le payer, p’tit merdeux… Crois-moi, tu vas me le payer cher… »

    A croire l’impassibilité apparente d’Aidan face à toute cette situation et les révélations qui venaient d’être faites, personne n’aurait pu soupçonner quelle tempête l’agitait intérieurement. Une tempête portant le nom de Francis et contre laquelle le jeune homme luttait de toutes ses forces.
    L’esprit ne faisait pas qu’hurler sa haine quelque part dans sa tête, il lacérait son esprit, frappait, crachait, mordait, griffait, se débattait furieusement pour sortir et être capable d’utiliser le corps pour l’instant figé du petit blondinet pour se venger.

    Aidan ne prenait même pas la peine de lui répondre ou d’essayer de le raisonner, d’une part parce qu’il savait ça inutile et qu’on ne discutaillait pas avec un être aussi abject que Francis Mercer et ensuite, parce que ça lui aurait réclamé trop d’énergie. Il en avait juste assez pour prêter une oreille curieuse aux dires de ses proches.

    « Fais-le ! Fais-le maintenant bordel d’enfoiré de bouffeur de chatte ! Attrape cette bouteille et casse-la sur la gueule de la négresse ! Tu crois qu’elle hésiterait elle ? Aucun d’eux n’hésitera à te faire la peau le moment venu ! Ils te détestent ! Ils te détestent TOUS ! Regarde-les ! Ecoute-les ! Ils te traitent comme la dernière des raclures ! Et ils le font le jour de ton anniversaire, Aidan ! Tu ne te rends pas compte à quel point ils te HAÏSSENT ? »

    Si, il s’en rendait compte… Ca lui faisait mal. Plus encore que les attaques portées par celui qui partageait sa tête et son corps à son insu de temps en temps… Ca faisait un mal de chien mais il ne pouvait pas se permettre d’y penser. S’il cédait la moindre once de terrain à Francis, il gagnerait. Il était à deux doigts de gagner déjà… Aidan le sentait s’agiter sous sa peau, la sensation était aussi désagréable que s’il avait s’agit d’insectes grouillants : araignées, cloportes et autres vers visqueux venus en renfort.
    Aidan savait qu’à un moment, il n’en pourrait plus. A un moment, il serait pris de l’envie irrépressible d’arracher sa propre peau pour les déloger de là lui-même, pour qu’ils arrêtent de le grignoter de l’intérieur tous autant qu’ils étaient. C’était à ce moment-là, lorsqu’il en venait à souhaiter quitter son propre corps que l’esprit prenait le contrôle. Ils y arrivaient toujours…

    « Parce que je suis plus fort que toi, sac à merde. Alors maintenant casse-toi ! Va pleurer plus loin et laisse-moi faire ! Laisse-moi putain de sale dégénéré ! Laisse-moi rattraper tes erreurs et aller arracher la langue de ton bâtard de neveu… Tu n’aurais jamais dû le laisser parler, tu aurais dû lui plonger la main dans la bouche et arracher sa putain de langue, tu piges ? »

    Oui… Il aurait dû trouver un moyen de faire taire Petey, mais il avait dû contrôler Francis, le garder à l’intérieur. Et maintenant tout le monde le détestait et pensait qu’il était fou. Il avait toujours eu l’impression qu’Isaac était celui qui l’aimait le moins et il en avait confirmation à présent.
    Il le comprenait. Il se souvenait avoir menacé Allie. Ou plutôt, il se souvenait de ce qui s’était passé après, mais…

    « J’aurai dû me la faire cette connasse de négresse ! On aura dû prévoir que ses seins gonfleraient autant et qu’ils le rendraient dingue, pas vrai ? T’aurai dû savoir qu’il en viendrait à la préférer à toi avec ces deux conneries de chattes en puissance en plus à l’intérieur de son putain de bide sur lequel il aime se vider. Elle aime ça elle aussi… Elle fou ses sale mains de négresse dedans et puis elle s'étale son foutre partout en lui criant de la prendre comme une chienne ! »

      « Isaac… Si tu dois t’en prendre à quelqu’un, attaque-toi à moi » s’éleva la voix d’Aahron, quelque part à leurs côtés « C’est moi qui ait demandé à Allie de garder le silence. Elle voulait t’en parler mais je l’ai supplié de ne pas le faire et je sais que ça lui coutait. C’est moi qui ai décidé de ne rien vous dire pour Aidan et il a cru que c’était la bonne chose à faire puisque je cautionnais ! C’est moi qui ait merdé alors prends-en toi à moi si tu veux te défouler sur quelqu’un ! »


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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Mar 28 Aoû 2012, 00:33

Le dos tourné, il eut un ricanement moqueur à l’attention de son aîné. Cette situation était tellement stupide, mais il ne s’en sentait pas moins blessé. Il pouvait concevoir qu’une bande d’étrangers ne l’apprécie pas, qu’on le regarde de travers sous prétexte que son nom de famille était Donnelly, pour la simple et bonne raison qu’ils ne se souciaient pas de ces personnes. Mais sa famille, son propre frère, celui-là même qui tentait de les unifier, et qui au final était en train de les diviser, là, la pilule était plus difficile à avaler.
Son esprit, si carré, ne parvenait plus à aligner deux pensées cohérentes. Le calme, qu’il avait jusque-là conservé, laissait place peu à peu à la colère et au ressentiment. Isaac était un homme de certitudes. Il croyait en la science, en la famille, la vérité et la justice, et la bière quand l’occasion s’y prêtait. Mais toutes ses certitudes venaient de voler en éclats, et si cette pensée était quelque peu mélodramatique, elle n’en témoignait pas moins de son état d’esprit.

Se retournant, il planta son regard dans celui de Aahron, le toisant avec antipathie. Le grand Aahron, qui prenait la responsabilité de tout. Et pourtant Aidan avait raison sur un point, il avait eu beaucoup moins de scrupules à se tirer en pleine adolescence, lui cédant un rôle d’aîné qu’il n’avait jamais souhaité. Il jouait les chefs de meute et prenait les décisions, mais il n’était pas foutu de s’accorder sur un minimum d’honnêteté.

« C’est quoi, une permission pour te casser la gueule? » s’enquit Isaac en faisant un pas en avant, stoppé sur le vif par Samuel, qui en fit tomber sa chaise. C’est qu’il était réactif quand il le souhaitait ce grand mollusque. Et si ç’eut le mérite de l’arrêter physiquement, sa langue, elle, ne demandait qu’à se délier. « Trop aimable, Aahron, de prendre le rôle de bouc émissaire. Ils t’en seront très reconnaissants. Parce que c’est ça au fond pas vrai? L’aîné qui porte toute la charge sur ses épaules, qui doit endosser le rôle de patriarche….c’est ce que tu dis à notre inspectrice préférée quand tu vas pleurer sur son épaule? Ou à défaut ses cui… »
« Isaac putain! » intervînt Sam, qui savait que son neveu était au salon et devait prêter une oreille très attentive à ce qui pouvait se dire. En contenir un, oui, deux, c’était trop lui en demander.
« Oh la ferme Sammy! » le repoussa le cadet de la fratrie. « Ton numéro de mec responsable personne n’y croit. Il y a deux minutes tu vociférais à travers toute la maison et te lamentais de ta découverte! » lui signala ce dernier en levant les mains, ne comprenant plus rien à rien.

Aahron n’était pas censé être celui qui mentait. Aidan n’était pas censé être celui qu’on détestait et qui effrayait, mais le chouchou des quatre à qui l’on pardonnait tout et qu’on souhaitait protéger. Et Samuel n’était pas censé être la voix de la raison ni celui qui les tempérait. Et lui, il n’était certainement pas celui qui pétait les plombs sans en comprendre vraiment les raisons. Mais même l’esprit le plus carré, le plus rationnel et le plus scientifique possédait une machinerie semblable aux autres à qui il arrivait de disjoncter. U léger court circuit qui continuait d’alimenter sa fureur, si bien qu’il se demanda un instant si lui aussi n’avait pas une petite voix qui lui soufflait tout ça.

« Tu crois que tu peux me donner des leçons de moral sous prétexte que tu as décidé de mûrir, sous prétexte que tu sors avec la même fille depuis plus de deux semaines et que tu n’as pas parié un seul billet depuis des mois? On sait tous que si tu avais trouvé un bar avec des tables de poker tu serais endetté jusqu’au coup. On sait tous que si tu restes avec Charlie c’est parce que tu sais pertinemment qu’elle restera quand tu partiras. Et tu veux devenir le frère modèle? Tu es le putain de fouteur de merde qui a filé une crise cardiaque à notre père bordel! »

Au moment même où la dernière phrase avait franchi ses lèvres il s’était attendu à recevoir un coup. Il avait tapé là où ça faisait mal, là où ça faisait le plus mal, et pourtant, il sentit simplement deux mains l’agripper et son dos heurter violemment le premier mur qui se trouvait à porter. Il vit le poing de Sam se lever, puis se stopper, avant de comprendre qu’Aahron l’avait arrêté dans son geste. Pourquoi? Il n’en savait fichtrement rien. Il l’avait mérité. Mais le regard de son cadet était toujours empli de haine.

« T’es qu’un sale con! »

Alors aussi vite que la colère était montée, elle redescendit, et avec elle le peu d’énergie qu’il lui restait. Ses épaules s’affaissèrent et il dut se mordre l’intérieur des joues et se concentrer sur la douleur provoquer pour ne pas craquer devant sa fiancée et devant ses frères.

« Il a menacé Allie avec une hache » souffla-t-il dans un murmure d’impuissance.

Mais il n’y avait pas de reproches dans sa phrase cette fois-ci. Pas de colère. Juste du désespoir. Une phrase qui se traduisait plus par « notre petit frère, celui-là même qui nous exaspère autant qu’on l’adore, celui-là même que l’on a envie de taper mais qui nous fait mourir de rire, l’artiste extraverti qui amuse la galerie, passe trois heures dans la salle de bains et que l’on a envie de protéger est en train de devenir un monstre et personne ne peut rien y faire. Personne y compris moi, l’urgentiste et médecin ».

« Je sais » répondit Samuel avec fatalisme, tournant son visage pour croiser le regard de Aahron.

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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Mar 28 Aoû 2012, 14:56

    Les larmes d’Allie l’avait ébranlé à un point qu’il n’aurait pas soupçonné possible. Aahron aurait presque été tenté de l’imiter tant sa détresse l’affectait, mais il n’ne avait aucun droit puisque tout ceci était sa faute. Bien sûr, la jeune femme aurait pu se moquer de son avis et parler de tout ça à Isaac malgré sa requête de ne rien en faire, mais ça n’avait malheureusement pas été le cas. A la place, elle avait placé sa confiance en lui et il n’avait pas été à la hauteur, comme c’était trop souvent le cas.
    Aidan avait raison quand il parlait de lui comme d’un lâche qui fuyait ses responsabilités, tout en se donnant des grands airs. Il était tout bonnement pathétique. Un macho pathétique qui faisait toujours mine d’en savoir plus long que quiconque et qui en réalité, se laissait toujours dépasser par la situation.
    Ca avait été le cas quand il était parti de la maison, à peine sorti de l’adolescence. Il avait amèrement regretté sa décision dès le premier soir mais avait persisté, conscient de faire une erreur et incapable de la reconnaitre et de retourner chez lui. Il avait merdé avec Trisha, il avait foiré avec Petey, il avait fait n’importe quoi avec ses frères, mais chaque fois, il continuait d’agir comme s’il était tout à fait dans son droit, comme s’il savait ce qu’il faisait et avait raison de le faire, quitte à se mettre du monde à dos.

    En ce moment, c’était sa propre famille qui le haïssait. Des gens qui s’était laissé aveugler par son apparente confiance débordante et s’était retrouvé le bec dans l’eau. Allie payait sa loyauté le prix fort actuellement et il n’y avait rien qu’il puisse dire ou faire pour arranger les choses.
    Isaac avait toujours eu des avis très tranchés sur les choses et cette situation n’échappait pas à la règle. Il était blessé dans son amour propre plus qu’autre chose selon Aahron et il lui faudrait du temps pour digérer et envisager d’accorder son pardon. Ce serait certainement plus facile pour Allie que pour le restant d’autre eux (voire impossible dans le cas d’Aidan qui avait dépassé toutes les limites sans vraiment le vouloir) mais en attendant, la jeune femme allait en souffrir terriblement.
    Elle souffrait déjà et ça lui serrait le cœur et lui retournait l’estomac.

    Peut-être plus encore que d’observer le regard éteint et l’expression incrédule qui se peignait sur les traits d’Aidan depuis que Petey avait pris la parole tout à l’heure. Qu’est-ce qu’il pensait de tout ça ? Est-ce qu’il avait ne serait-ce qu’une opinion ? Est-ce qu’il écoutait ce qui se disait autour de lui ? Qu’avait-il retenu du discours d’Isaac ?
    Est-ce qu’ils avaient encore à faire à Aidan en ce moment ?
    Contrairement à son frère, Aahron ne se sentait pas encore prêt à s’adresser directement à lui, de peur qu’un autre lui réponde… Il n’osait même pas vraiment le regarder, se contentant de furtifs regards de temps à autres, pour s’assurer que son regard était toujours bleuté et non d’un noir d’encre inquiétant…

    Cela dit, quand Isaac réagit à ses remarques, il mit ses doutes de côté pour se concentrer sur ce qu’il avait à dire. Et comme le plus jeune de la fratrie l’avait fait un peu plus tôt, il en avait gros sur le cœur et n’hésita pas à vider son sac, déversant comme il l’avait réclamé toute sa frustration sur lui.
    Aahron s’était attendu à avoir mal, mais finalement, Isaac ne l’atteignit pas beaucoup. Il pouvait bien lui prêter une relation avec l’inspectrice, le trentenaire savait qu’il n’avait rien à se reprocher de ce côté-là. Bien sûr, il aurait été gênant pour Petey de l’entendre proférer de tels accusations, mais il n’était pas certain que son garçon de sept ans comprennent ce qu’écarter les cuisses voulait vraiment dire dans la bouche de son oncle.
    Et puis le vent tourna et ce fut à Samuel d’en prendre plein la gueule. Voilà ce qui arrivait quand on tentait de s’interposer entre deux Donnelly, il le savait pourtant…

    Il avait lui-même pensé que le rôle de médiateur allait bien mal à Samuel et que sa maturité toute fraiche et pimpante faisait un peu tâche dans son historique. Aahron le lui avait d’ailleurs glissé une fois au passage, mais il n’avait pas été aussi loin qu’Isaac dans ses propos tout de même.
    Trop loin d’ailleurs. Aahron fut certainement aussi choqué que Samuel lui-même lorsqu’il remit le sujet de leur père et de son attaque sur le tapis. C’était un sujet tabou entre eux mais ce soir, visiblement, toutes les barrières tombaient et l’ainé des Donnelly avait peur qu’ils perdent totalement le contrôle de la situation.
    Son estomac était noué par l’appréhension depuis un bon moment, et pas seulement parce qu’il se sentait coupable et avait des confessions à faire : il sentait que quelque chose allait mal se passer. C’était en train d’arriver.

    Même si l’envie de jouer des poings le démangeait, Aahron se sentait trop coupable pour oser cogner son frère lui-même, et ne voulait pas utiliser Sam comme remplaçant. Il s’était déjà déchargé sur trop de personnes par le passé et il était temps qu’il assume et agisse en homme. Isaac ne faisait que déverser son trop plein d’émotions (d’une manière cruelle et maladroite mais qui pouvait le blâmer ?) et au fond, Aahron le savait aussi démuni que lui-même pouvait l’être.
    Il savait qu’une part de lui regrettait déjà ses propos et que la culpabilité ne ferait que gonfler dans les heures à venir.
    Il arrêta donc le bras de Samuel avant que celui-ci ne s’abatte sur le visage du médecin. Visage qui se décomposa très vite et se vida peu à peu de ses couleurs, à mesure que sa colère le quittait pour être remplacer par un sentiment d’abattement qu’Aahron ne connaissait que trop bien.

    Aahron soutint un instant le regard de Samuel, puis poussa un lourd soupir et utilisa la main qui lui avait servit à retenir son poignet un instant plus tôt pour la passer dans sa nuque alors que l’autre venait faire de même avec celle d’Isaac. Il les observa tour à tour, ne trouvant rien à dire pour apaiser leurs souffrances, n’osant pas faire plus que ça.


    « On a tous fait des erreurs. On a tous été lâches à un moment donné et se le cracher les uns aux autres à la figure ne changera rien et n’arrangera rien surtout » finit-il par lâcher en les secouant légèrement l’un comme l’autre, comme s’il avait besoin d’attirer leur attention « Maintenant plus que jamais, il va falloir qu’on se sert les coudes et qu’on avance. Tous ensembles. Il est plus question de vivre chacun notre vie de notre côté en comptant sur maman pour faire le lien entre nous… Je vous aime les gars. On se l’dit pas souvent et c’est pt’être un tort. Je vous aime même si on est différents et si vous me sortez parfois par les yeux » ajouta-t-il en les forçant gentiment à se rapprocher de lui, les maintenant toujours l’un comme l’autre par la nuque « Je sais que ça va pas être évident mais il va falloir qu’on mette toutes ces vieilles histoires de côtés et qu’on se pardonne les uns les autres. Parce que je crois qu’après tout ce qu’on entendu de la bouche de toute le monde ce soir : y en a effectivement pas un pour rattraper les autres… Alors plutôt que de se déchirer, on devrait s’entraider, trouver des solutions et arrêtez de chercher à savoir lequel de nous est le plus clean… On a perdu nos parents mais il nous reste à tous trois frères, et plus encore »

    Il avait dit ça en se tournant vers Allie qui commençait à peine à décher ses larmes mais avait toujours l’air honteuse. Pourtant elle n’avait rien fait de mal, c’était lui qui l’avait obligé à mentir…
    Aahron quitta enfin ses frères pour la rejoindre et s’agenouilla à ses côtés, prenant une de ses mains tremblante dans les siennes en plongeant son regard dans celui, humide, de la métisse.


    « J’ai mis trop longtemps à me rendre compte que tu faisais parti de cette famille mais ça va changer à partir de maintenant. T’es impliquée autant que nous tous dans cette histoire et quelque chose me dit que si on commençait à t’écouter un peu plus, on pourrait s’éviter bien des ennuis… »

    Il faisait référence à son intuition féminine autant qu’à ces histoires de visions, mais pas seulement. C’était aussi à la personne qu’elle était qu’il faisait référence, à la manière qu’elle avait eu de remplacer Margaret en quelque sorte et de tenter de les apaiser par sa seule présence féminine au sein de leur nouveau foyer.

    Mais son attention fut tout à coup détournée par la voix d’Aidan qui s’éleva dans son dos.


    « C’est quoi cette histoire avec un chat, Allie ? » demanda-t-il timidement, semblant enfin sortir de son état léthargique.

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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Mar 28 Aoû 2012, 15:46

    Il fallait qu’elle réagisse bon dieu même si ce n’était que pour montrer qu’elle était toujours là. Mais les accusations de son fiancé lui avaient cloué le bec et ce qu’il avait dit à Sam concernant leurs filles l’avait juste mise KO. L’affreuse culpabilité de cette vieille histoire de baiser échangé venait de refaire surface. Isaac ne savait rien... comment aurait-il pu savoir ? Mais cette accusation lui mettait tout de même le doute et l’infirmière ne put s’empêcher de songer que dans son état normal elle lui aurait mit une sacrée gifle. Là elle en était juste incapable.

    Et tout s’était bien trop vite enchainé, le reste des accusations, le presque coup et puis Aahron qui était désormais à genoux devant elle comme s’il allait la demander en mariage. La même position ou presque qu’Isaac avait prit quand il lui avait fait sa demande il y avait ce qu’il lui semblait être une éternité.

    Pourquoi fallait-il que le discours de l’aîné sonne aussi faux à ses oreilles Etait-ce à cause de sa colère après lui avoir demandé de se taire pour la foutre dans un merdier pareil ? Tout ce qu’il disait était bien beau et il se rendait ENFIN compte qu’elle était là. Mais Isaac ? Est-ce que lui allait mettre tout ca de côté pour agir comme si tout allait bien entre eux deux ? Cela faisait des semaines qu’elle se taisait et peut-être bien qu’écouter l’aîné avait été une lamentable connerie.

    La métisse comptait lui répondre quand la voix d’Aidan prit le dessus sur son désir de répondre. Sa tête pivota avec lenteur vers lui alors qu’elle tentait de comprendre ce qu’il voulait dire. Le chat... bien sur le chat...

      « Je... »

    Difficulté pour déglutir et surtout pour le fixer dans les yeux.

      « J’ai eu une... tu sais quoi et j’ai suivi dans le jardin et j’ai creusé là où je savais que je devais creuser et j’ai trouvé une tête de chat. Aidan... je sais que c’est toi... je t’avais dit d’enterrer la hache et au lieu de la trouver... j’ai trouvé ca. Je ne sais pas si tu peux te souvenir mais je sais que ce que j’ai trouvé... c’est toi... »

    Que tout s’arrête...

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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Mar 28 Aoû 2012, 16:48

    Francis ne se taisait jamais bien longtemps. Juste assez pour redonner un soupçon d’espoir à Aidan quant à un éventuel départ définitif, qu’il s’empressait de revenir piétiner avec une jovialité obscène. Mais le petit discours d’Aahron était parvenu à lui clouer le bec pour un moment. Ou plutôt, c’était le sentiment de soulagement qui avait envahi Aidan qui était à l’origine de se replie temporaire mais bienvenue.
    Il n’était pas certain que ces quelques mots allaient vraiment révolutionner toute leur façon de fonctionner ensemble et séparément, mais l’intention y était. Pour le moment, c’était tout ce qu’il demandait : une raison de continuer à espérer qu’ils arrivent à affronter tout ça.

    Mais une fois encore, quelqu’un était là pour tout balayer et le faire sentir misérable et coupable. Cette fois il l’avait cherché en questionnant lui-même Allie sur le sort de ce chat dont il avait vaguement entendu parler. Au fond, il savait parfaitement ce qui était arrivé à ce chat, même s’il ignorait les détails, dont il se serait finalement bien passé.

    Sauf que ça ne collait pas vraiment et qu’il avait du mal à envisager les choses. Une tête de chat dans un trou et c’était lui. Lui quoi ? Qui avait enterré l’animal ou qui l’avait tué ? Les deux ? Mais pourquoi aurait-il fait ça ? Il se sentait déjà coupable en écrasant une araignée alors…

      « Ah… Oui… Ok… » finit-il par coasser, sentant la tête lui tourner un peu et son cœur battre irrégulièrement dans sa poitrine

    Qu’est-ce qu’il était censé dire de plus au juste ? Qu’il était désolé pour elle d’être tombé sur une tête de chat enterrée dans le jardin ? Qu’il était désolé pour le chat ?
    Ce qu’il avait envie de lui dire, c’était que ça n’était pas lui. Parce qu’il n’aurait jamais fait ça et c’était un peu vexant qu’elle pense ça, alors qu’elle était censée être son alliée. Ils étaient tous censé s’aimer là, non ? C’était pas ce que venait de dire Aahron ? Pourtant, il n’avait senti aucune amour, aucune indulgence, rien de plaisant dans le regard ou le ton d’Allie.
    Pas plus qu’il n’y en avait dans le regard de ses autres frangins d’ailleurs…

    Ca ne l’étonnait pas vraiment. En fait, ça ne lui faisait pas grand-chose, il se sentait toujours anesthésié, ailleurs, peu concerné par tout ce qui se passait dans cette cuisine. Pourtant il était lui-même pour une fois. Pas totalement, jamais totalement, mais assez pour pouvoir éprouver ses propres sentiments... Mais rien ne lui venait.

    Finalement, ne sachant toujours pas quoi dire, il tendit la main pour attraper le verre qu’Aahron lui avait servi au début des festivités. Il trempa ses lèvres dedans, grimaça un peu, puis avala le tout cul sec. Il reposa le verre sur la table, lentement, sentant le regard des autres peser sur lui.

      « Aidan, est-ce que tu te souviens de quoi que ce soit à ce propos ? Peut-être que tu as pris les images pour un cauchemar et… »
      « Non, rien »
      « Je voudrai être sûr que tu ne mentes pas, tu comprends ? »
      « Non je mens pas » articula-t-il en levant les yeux vers lui

    L’espace d’un instant, il fut tenter de lui envoyer un reproche dans les dents mais s’en abstint. Ca ne ferait rien avancer et il comprenait que son frère ne lui fasse pas confiance. Aucun d’eux n’avait la moindre raison de lui faire confiance.
    Lui-même doutait de lui alors c’était dire…

      « Je jure sur la tête de maman que je me souviens pas de ça. Ni de ça, ni de l’histoire de la hache, ni de tous les autres trucs que vous m’avez raconté, quand j’avais les yeux bizarres et tout ça. J’sais que c’est facile comme t’as dis Isaac, mais c’est vrai, je me souviens pas d’avoir fait des trucs comme ça. J’y peux rien et je fais pas ma victime, je vous dis juste ce qui se passe » assura-t-il en se tournant cette fois vers le médecin de la fratrie pour plonger son regard dans le sien en espérant le convaincre de sa bonne foi


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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Mar 28 Aoû 2012, 23:30

Ils étaient certes différents sur bien des points, mais une choses les réunissait, leur manque cruel de démonstration d’affection. C’est pour quoi celle dont fit preuve Aahron ne le mit pas très à l’aise. Les trois mots magiques, il ne les avait dit qu’à une seule personne, sa mère, et il était alors très jeune, avant que vienne l’époque de la honte de sortir avec ses parents. Se l’entendre dire, par ailleurs, n’était pas aussi plaisant qu’il l’aurait pensé. Il se sentait juste ridicule, mais c’était sûrement parce qu’ils sortaient de la bouche de son aîné et pas d’une jolie fille aux cheveux noirs. Le reste de son discours n’en était pas véridique. Être soudés, se serrer les coudes, et éviter de se balancer à la figure tout ce qu’ils avaient de mal par le passé. C’était beaucoup dire sur le vif, après tout ce qui venait d’être dit, tout ce qui venait d’être fait, et alors que les esprits étaient encore échauffés. Mais quand ils auraient eu le temps de réfléchir, de faire retomber la pression et de tenter de se pardonner les uns les autres, le jeune homme était certain qu’ils repartiraient d’un bon pied.

Lui-même avait beau ne pas se sentir proches de ses frères, surtout avant qu’ils débarquent tous ici, il avait pleinement conscience qu’ils étaient tout ce qu’il lui restait comme famille, et que peu importe les ennuis dans lesquels il se mettrait, ils seraient toujours là pour l’en sortir ou lui tendre une main secourable après une avalanche de reproches. Aahron et Isaac l’avaient déjà fait par le passé, à de trop nombreuses reprises, et il ne doutait pas qu’ils le feraient encore si le besoin s’en faisait ressentir.

Il ne fut cependant pas mécontent que son aîné s’éloigne, jetant un regard à Isaac qui ne lui rendit pas. Sa colère aussi était retombée, bien qu’il conserve en travers de la gorge les paroles de ce dernier, qui faisaient encore écho à sa propre culpabilité. Le barman savait qu’il n’obtiendrait aucune excuse, question d’orgueil, et il ne les attendait pas vraiment, mais ça faisait mal, c’était certain.
Il coula ensuite un regard vers Allie et la vision de sa belle sœur, les yeux rougis, lui fit serrer les dents. Dans une certaine mesure il comprenait son frère de se sentir vexé par le mensonge de sa fiancée, mais il la comprenait aussi elle, qui avait essayer de faire au mieux et de tous les préserver. Elle le faisait depuis le début, il lui avait confié à leur dernière petite réunion. Il lui avait aussi promis de soir là que tout irait pour le mieux, et voilà le résultat.

Le résultat. Aidan avait tué un chat. Ou l’avait enterré. Ou les deux. Celui-là même qui refusait de jeter les poissons rouges dans la cuvette des toilettes une fois morts ou de mettre fin aux souffrances d’un hamster à l’agonie. Sam le croyait quand ce dernier disait ne se souvenir de rien, pourquoi aurait-il menti au fond? Pourquoi aurait-il caché des informations susceptibles de leur faire comprendre ce qui se passait ou souhaiter délibérément les mettre en danger?
Mais il parlait avec tellement de détachement, de fatigue, et il avait l’air tellement faible, que c’en était toujours aussi effrayant.

« On te croit Aidan » souffla-t-il en venant s’asseoir aux côtés de Allie. Il lança un nouveau regard à Isaac, qui ne semblait toujours pas réagir, puis passa un bras autour des épaules de sa belle-sœur. « Je te crois » rectifia le jeune homme, la gorge nouée. « Personne ici ne te laissera tomber. On s’est tous énervé contre toi à un moment donné pendant tes…phases…mais peu importe ce qui t’arrive on sera là pour toi. On ne l’a pas toujours été mais on peut l’être maintenant et on doit se concentrer là-dessus. »

Au fond il ne savait pas si son cadet croyait en ces belles paroles pleines de bons sentiments mais il y croyait lui et pour le moment c’était la seule conviction qui le maintenait à flot.

« Seulement plus de mensonges ni de cachotteries. Pas sur tout ce qui concerne cette histoire. On voit où ça nous mène. Ça nous divise et on ne peut pas lutter contre quelque chose dont on ignore tout » déclara ce dernier en le fixant dans les yeux.

Comme Isaac, il pensait que leur frère ne leur disait pas tout, pour les protéger peut-être, pour se protéger lui, mais ça les mettait plus en danger qu’autre chose.

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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Mer 29 Aoû 2012, 12:31

    Aahron n’était pas mécontent d’entendre Aidan parler et s’arracher enfin à sa torpeur, même s’il craignait encore un peu ses réactions. Généralement, c’était après ce genre de disputes que son frère perdait pied et se mettait à faire des choses…inhabituelles et inquiétantes. Mais même s’il avait l’air à bout, il paraissait lui-même dans une certaine mesure. Pas de tics étranges, pas de regard brumeux ou noir, pas demi-sourire étrange pour le mettre mal à l’aise.
    Il avait juste l’air épuisé et, vu son rythme de vie, ça n’était pas étonnant. Lui-même devait avoir vieillit de cinq bonnes années ce soir… Il n’y avait plus qu’à espérer qu’il ait aussi prit en sagesse par la même occasion et que ses frères l’aient imité.

    Il ne fut pas mécontent de constater que, malgré les remarques d’Isaac, Samuel continuait sur sa lancée de ces derniers temps et avait décidé de faire preuve de maturité. Il ne s’était pas laissé atteindre et avait décidé de passer outre la vexation (et la peine peut-être aussi) pour se concentrer sur leur problème actuel, tout en essayant de mettre son petit frère en confiance. C’était tout à son honneur et Aahron sentit sa poitrine se gonfler de fierté. Comme lorsqu’il avait vu Petey traverser la chambre pour venir prendre Aidan dans ses bras, juste avant que tout dégénère.

    L’expression d’Aidan n’était pour une fois pas déchiffrable, mais il avait l’air d’écouter chaque mot qui franchissait les lèvres de Sam pour les évaluer, les méditer. Quelle leçon il en tirerait ? Impossible à dire pour le moment. Il jurait encore ne se souvenir de rien, mais il n’avait pas parlé de ce qu’il savait à propos de tout ça.
    Aahron était encore peu emballé à l’idée de découvrir ce qui se passait dans la tête de son cadet, mais le suspense tirait en longueur et le film devenait mauvais et ses rebondissements un peu trop rocambolesques à son goût… il était temps que la grande révélation soit faite, histoire que le héros se charge de tout régler. Mais qui allait s’attribuer ce rôle ?
    Et qui pouvait lui assurer que ce film là aurait droit à un happy end ?

    Mais le silence se prolongea. Aidan paraissait encore absorbé par ses pensées, ses sourcils froncés dans une expression pensive et ses lèvres pincées. Au bout d’un moment, Aahron finit par rompre le silence, pas pour l’inciter à s’exprimer, mais pour se livrer lui-même, sans vraiment y réfléchir.
    Il pensait cela dit que c’était le moment. Le meilleur moment en tout cas pour ce genre d’annonce.


    « Si tu veux, j’vais commencer » lâcha-t-il en se redressant pour faire face à ses frères et Allie avec un peu plus de dignité « Puisqu’on est censé être tout à fait honnête les uns avec les autres, j’crois qu’il ait temps que j’vous dise que j’ai été licencié… »

    Son attention était portée sur Aidan qui eut un petit sursaut et posa un regard interloqué sur lui.

    « C’est arrivé la veille de l’arrivé de Petey officiellement mais j’savais que y avait un risque depuis plus longtemps que ça. On peut pas être chef de chantier très longtemps sans y passer, pas vrai ? » tenta-t-il de sourire, mais n’y parvenant pas « J’pense pas que ce soit vraiment…définitif… Je suis sûr que j’aurai aucun mal à convaincre Alvarez de me rendre mon poste quand tout ça sera fini mais… Enfin c’est aussi pour ça que j’ai postulé à ce boulot pour la mairie de Grayson. J’arriverai pas à joindre les deux bouts sinon. J’ai mon loyer à payer, la location de la voiture, de la maison ici, les frais de bouffe, etc. Trisha m’a gentiment proposé de ne pas payer la pension ce mois-ci, comme j’ai le petit avec moi » ironisa-t-il, les mâchoires crispées par la rancœur « Enfin bref, du coup…voilà… J’ai pensé que c’était le moment de vous l’dire, tant qu’on en est aux confessions gênantes… »

    Et sans attendre de réactions particulières de la part d’aucun d’entre eux, il se déplaça pour aller ramasser la chaise qui était tombée au cours de leurs échanges houleux, avant de s’y asseoir. Il vit alors le bras d’Aidan s’étendre vers la bouteille de whisky pour lui resservir un fond de verre qu’il déposa devant lui, affichant un petit air compatissant.
    Lui qui s’était imaginé détester ça en ressentit finalement un peu de réconfort et lui renvoya un petit sourire.

    Aidan finit par pousser un petit soupir, se souvenant soudainement que si son frère avait parlé, c’était pour que lui fasse de même.


    « Bon bah allez-y… Posez-moi des questions » marmonna-t-il, le « qu’on en finisse » ne passant pas ses lèvres, même s’ils l’entendirent tous

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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Jeu 30 Aoû 2012, 12:49

    Allie avait l'impression de ne comprendre qu'un mot sur deux comme si elle était à côté de la plaque et cela devait d'ailleurs bien être le cas. Elle avait sursauté en sentant le bras de Samuel autour de ses épaules et regretta un instant que ce ne soit pas son fiancé ayant prit les devants. Il allait lui en vouloir et c'était logique mais tout de même... c'était la meilleure chose à faire d'après Aahron. Stupide excuse mais il fallait se raccrocher à ce qui était possible pour ne pas perdre pied.

    Encore une fois il y avait eu un beau discours sur la famille et le fait qu'ils doivent rester soudés mais en seraient-ils capable ? Pour de vrai ? Pour le moment cela paraissait hautement utopique pour l'infirmière qui séchait encore ses larmes.

    Et Aidan qui voulait des questions ? Est-ce qu'il savait ce à quoi il s'exposait avec cette demande ? Mais puisqu'on y était...

      "Qu'est-ce que tu sais et pense Aidan ? Je te parle de ce qui t'arrive, puisque nous jouons cartes sur table alors dis nous... on pense tous à... certains trucs mais toi qu'est-ce que tu ressens et comment est-ce que ca passe ? Et la voix dont Petey parle... tu sais ce que c'est ?"

    Et voilà, elle s'était laissée aspirer par son besoin de réponses et cela était d'une tristesse absolue. Il fallait qu'elle reste calme, qu'elle garde sa tête sur ses épaules et qu'elle attende tout simplement. Depuis les visions, les choses n'étaient plus les même et de nombreuses croyances bien implantées en elle avaient volé en éclat.

    En gros, à ce stade elle était prête à croire aux petits leprechauns verts irlandais et leurs chaudrons remplis d'or. Rien que ca... Il n'y avait pas plus ouverte d'esprit qu'elle sur le coup. Maintenant restait à voir si Aidan allait parler et s'il allait surtout leur dire la vérité. Cela restait bien à voir.

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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Jeu 30 Aoû 2012, 19:49

    Peut-être qu’il aurait mieux fait de se taire et de rebondir plus efficacement sur le problème d’Aahron. Il savait que ça avait dû lui coûter de leur avouer ça à tous, lui qui était si fière de son boulot et qui n’avait pas vraiment d’autre talent que celui qu’il exerçait sur ses chantiers. Si Aidan se sentait chez lui sur une scène, c’était lez nez penché sur un plan, une équipe attendant ses ordres que son frère ainé était à son aise.
    Il s’en voulait de n’avoir fait que lui servir un verre et de ne pas s’être montré plus intéressé que ça, enchainant tout de suite avec un sujet le concernant. Ca ne surprendrait personne cela dit, il s’était toujours montré très égocentré, mais ça le contrariait quand même. Sauf que ça le contrariait surtout parce qu’il devait à présent répondre à des questions gênantes, pas parce qu’Aahron devait être malheureux comme les pierres.
    Et dire qu’il n’avait rien vu venir. Aucun d’eux ne l’avait vu venir…
    Mais encore une fois, la seule question qui lui venait était : est-ce que Dakota, elle, sait ? Est-ce qu’il s’est confié à cette parfaite étrangère ? Il avait forcément fallut qu’il en parle à quelqu’un, non ? Ce serait trop affreux qu’il ait gardé ça pour lui tout ce temps…

    De toute façon maintenant, c’était trop tard et tous les regards étaient dirigés vers lui. Ceux encore larmoyant d’Allie qui paraissaient le supplier de ne pas répondre à ses interrogations, malgré qu’elle soit la première a avoir osé en formuler, ceux d’Aahron, encore un peu gêné, ceux de Samuel, attentifs et conciliants et…ceux d’Isaac qui le fusillait du regard dans son dos. Il n’osait pas le regarder. Il était persuadé qu’il détecterait le moindre mensonge et les lui ferait tous payer, d’une façon ou d’une autre.
    Jamais encore il n’avait craint les réactions d’un de ses frères et jamais il n’avait pensé que ce serait de LUI qu’il aurait à se méfier. C’était le cas pourtant.

    Aidan déglutit péniblement et tendit la main de nouveau vers la bouteille, dans l’idée de se servir, mais son geste fut arrêté par Aahron qui lui fit signe d’oublier l’idée. Aidan retint son souffle quelques instants, le cœur battant, hésitant entre l’envie de fondre en larmes et d’hurler au scandale. Et puis le trop plein d’émotion disparu aussi vite qu’il était arrivé.
    Il laissa sa main retomber sur la table et prit la parole d’une voix éteinte, mécanique.

      « Ce que je ressens quand ? Quand j’oublie ? » demanda-t-il avant qu’elle n’approuve d’un petit hochement de tête « Bah je me sens… Hem… J’me sens…comme… C’est comme si quelque chose vibrait. Comme si quelque chose poussait sur mes yeux pour les faire tomber, comme si y avait des aiguilles sous ma peau et mes oreilles…J’entends un bruit affreux. Parfois je crois que c’est comme si des gens criaient et puis en fait ça m’a plutôt l’air d’être un grincement de dents ou une craie sur un tableau ou alors des hurlements d’animaux ou… Ca va toujours très vite et après, y a plus rien. Je sais pas comment expliquer. C’est horrible et puis ensuite, je rouvre les yeux et tout est normal, sauf que du temps a passé »

    Il n’avait aucune idée de ce qu’Allie et les autres attendaient vraiment de lui. Pour le coup, il espérait presque obtenir l’aide de Francis…

      « Pour c’qui est de la voix… »

    Il n’arriverait pas à le dire. Impossible. C’était trop…trop fou.

      « Aidan ? »
      « C’est compliqué… »
      « Aidan, personne ne te jugera. Je sais que tu as peur qu’on te prenne pour un fou, mais on a la preuve que c’est pas le cas maintenant ! Petey l’entend aussi et… »
      « Quoi parce que ton fils peut pas être maboule lui aussi ? Parce que deux malades mentaux dans une même famille, ça ferait trop à supporter alors tu te converties ? Parce que ça t’arrange tout à coup de croire à mes histoires ? » cracha-t-il avec sarcasme, jetant un regard brillant de colère à Aahron qui crispa les mâchoires et n’ajouta plus rien « On dirait que j’ai vu juste »


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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Jeu 30 Aoû 2012, 21:04

Il en était encore à dévisager Aahron quand Allie prit la parole, mais les questions ne trouvèrent pas d’écho dans son esprit. Son frère avait perdu son job. Celui-là même qui l’avait aidé, une fois, à rembourser une de ses nombreuses dettes. Et il eut honte. Pas pour son aîné, mais pour lui-même. Depuis qu’il avait dégoté son boulot de barman - qu’il avait d’ailleurs quitté depuis - il n’avait quasiment participé à aucune dépenses ici, et la raison était simple. Une partie de sa paie avait été renvoyée à Cleveland, au compte de Diouk, sa banque personnelle avec intérêts majorés. Et la somme en question représentait tout de même six cents dollars. Quelques centaines qu’il aurait put mettre à profits s’il avait eu connaissance de la situation.
Et honte aussi parce qu’il savait que ça avait dû coûter à son frère de faire cet aveu, orgueilleux comme il l’était. Lui-même ne se montrait pas honnête pendant cette soirée confidences. Samuel aurait put continuer à donner l’exemple en leur avouant à tous qu’il s’était encore mis dedans et qu’il devait deux mille dollars à un petit bandit notoire. Et qu’il aurait dû payer moins s’il n’avait pas laissé traîner sa dette. Le barman aurait put s’amender en leur confiant qu’il ne devait aujourd’hui plus que mille quatre cents billets verts, charmants billets dont-ils ne profiteraient donc pas.

Heureusement pour lui sa culpabilité repartit dans un coin reculé de son cerveau quand son cadet prit la parole. Si les questions de sa belle sœur avaient été floues, les réponses, elles, attirèrent son attention. Quoi que réponses étaient un bien grand mot. Aidan prenait des chemins sinueux mais n’allait pas dans le vif du sujet, du moins pas ce qui intéressait Samuel et ça l’agaça. Il ne montra rien, ne voulant pas le brusquer et il fit bien puisqu’il se rebiffa quelques secondes plus tard.

Ça n’allait pas recommencer! Pas maintenant. C’était comme attendre le moment fatidique d’un film d’action, le dénouement tant attendu, le moment où on découvrait enfin l’identité du tueur, le moment où la copine débarquait pour zapper sur une comédie romantique avec des acteurs de seconde zone. Et il craignait que les esprits s’échauffent de nouveau.

« Ce n’est pas ça » intervint le jeune homme pour éviter que les choses s’enveniment. « Tu dois avouer toi-même qu’entendre des voix n’est pas un signe de pleine santé. Si je t’avais dit à Cleveland que j’entendais des voix, tu m’aurais aussi pris pour un fou » expliqua ce dernier, faisant mine de réfléchir. « Après t’être assuré que j’étais pas stone ou que j’avais pas trop picolé » ajouta-t-il sans réelle argumentation. « Le fait que tu ne sois pas le seul à l’entendre, visiblement…. » commença Sam en se tournant quelques secondes vers le salon, là où se reposait Petey «…nous conforte simplement dans l’idée que c’est bien autre chose. Et dans un sens, dans un tout petit sens, le plus infime qui soit, c’est rassurant. Parce que ça veut dire que tu vas bien »

Bien sûr, il parlait purement sur un plan mental, et il savait que Aidan avait comprit. Pour le reste, celui-ci était loin d’aller bien. Ses cernes, ses crises, son amincissement, autant de signes qui prouvaient que quelque chose ne tournait pas rond.

« Ne nous force pas à mêler Petey à ça une nouvelle fois. Dis nous en plus sur ce ‘monsieur qui parle à travers toi’ » demanda le jeune homme en reprenant les termes de son neveu, en plongeant ses yeux dans ceux de son frère.

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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Ven 31 Aoû 2012, 12:10

    Ouais, ce n’était pas ça mais en fin de compte, ça l’était tout de même un peu. Il avait bien vu comment ses frères le surveillait du coin de l’œil depuis quelques temps et il n’avait pas eu besoin d’être médium (ce qu’il était pourtant vraisemblablement) pour deviner qu’ils se méfiaient de lui comme de la peste et soupçonnait qu’il soit devenu cinglé. Il le savait, c’était évident, mais ils ne l’admettraient jamais avec ce genre de mots.
    L’honnêteté c’était bien, mais que dans une certaine mesure. Et s’il décidait d’utiliser des mots plus doux pour parler de ce qu’il savait ? Et s’il décidait de les ménager encore une fois ? Qu’est-ce qu’ils penseraient de ça au juste ?

    Mais Aidan chassa bien vite ces pensées coléreuses et rancunières. A quoi bon ? Lui-même ne se faisait plus confiance et c’était souvent pensé schizophrène. Du moins pensait-il que ‘était le bon terme pour ce dont il avait l’air de souffrir depuis l’enfance. Et finalement, ça aurait peut-être été préférable parce qu’il existait des pilules miracles pour ça, non ?
    Des pilules qui permettraient de le contrôler plutôt que de se laisser attacher à son lit toutes les nuits, l’estomac retourné par la crainte d’une nouvelle crise. Parce que s’il avait été malade, on aurait pu l’aider avec un traitement qui aurait pu affaiblir, si ce n’est faire taire pour de bon la petite voix dans son esprit.
    Une petite voix qui se faisait inhabituellement discrète à un moment si critique et laissait à penser à Aidan qu’elle préparait quelque chose.

    Le jeune homme dont c’était l’anniversaire, poussa un lourd soupir contrarié, jetant un petit coup d’œil lui aussi vers le salon où se trouvait Petey. C’était lui qui avait tout déclenché mais il ne pouvait pas lui en vouloir. Pas vraiment… Mais tout de même un peu.
    Finalement, Aidan rejeta sa frustration sur Samuel et le gratifia d’un regard emprunt de reproche avant de reprendre ses explications.

      « J’crois qu’avant d’parler de ça, faut que j’parle d’autre chose. Enfin pas d’autre chose vraiment, mais que j’commence par le début… Vous avez tous vu sixième sens alors on va partir sur cette référence. Rassurez-vous, j’vais pas vous refaire le speech du gosse… »

    Mais un peu tout de même, si. Parce que c’était ça l’idée… Sauf que ça lui paraissait un peu bidon dit comme ça et qu’il avait encore du mal à prononcer ce genre de phrases sans avoir envie d’éclater de rire ou en sanglots. Bref, ça ferait tâche dans la conversation à son sens.

      « C’est la meilleure référence parce que dedans, les fantômes clignotent pas, on peut les confondre avec les vivants et parfois ils…ils oublient un peu qu’ils sont morts et ils font des choses comme nous. Généralement, c’est leur dernière journée qu’ils reproduisent, encore et encore, comme pour essayer de comprendre où ça a foiré… Enfin c’est ce que j’ai cru comprendre à force… Enfin vous voyez ? »

    Mais Aidan n’osa lever les yeux vers aucun d’entre eux de peur de voir qu’ils comprenaient parfaitement justement. Il préféra enchainer très rapidement, jouant avec son verre vide.

      « C’est des conneries qu’on a froid quand ils sont là et que quand on a la chair de poule, c’est parce qu’il y en a un qui passe à travers vous. Enfin moi j’ai jamais eu froid et parfois, je sais même pas que je m’adresse à quelqu’un qui…n’est pas vraiment là, parce que c’est hyper réel. J’crois que ça se passe dans la tête de toute façon. Qu’ils atteignent l’esprit et qu’ils me montre ce que j’ai besoin de voir. Ils s’en servent comme d’un….d’un rétroprojecteur pour apparaitre devant moi. Du coup si vous êtes pas sensible à tout ça, si votre esprit est fermé, ils peuvent pas vous atteindre. Mais bon, j’sais pas, j’dis ça comme ça » ricana nerveusement Aidan avant de réaliser qu’il n’y avait rien de très marrant et de poursuivre « J’ai mis longtemps à comprendre que quelque chose clochait. J’entendais les adultes dirent que j’avais des amis imaginaires et qu’à mon âge c’était normal ou pas normal, selon l’âge du coup, que j’étais drôlement solitaire et tout ça. Pourtant j’avais un tas d’amis de tous les âges qui étaient plutôt cool avec moi mais que je pouvais voir qu’à certains endroits et me demandaient de pas parler d’eux. Quand j’essayais de vous en parler quand même vous m’envoyiez un peu bouler et vous disiez que je mentais… Enfin bref, quand je suis entré en cinquième année, j’avais du mal en algèbre et j’avais été collé pour une mauvaise note. J’étais le seul en colle cet après-midi là et le type qui me surveillait, Monsieur White, s’était endormi comme d’habitude. Puis y a un autre type est rentré. Il m’a dit de parler doucement pour pas le réveiller et qu’il allait m’aider à faire mon devoir. Il a dit qu’il s’appelait Jim Manning et que si j’avais besoin d’aide, j’avais qu’à aller dans une salle de classe vide après les cours et qu’il m’y retrouverait. J’étais un peu naïf et j’ai obtenu un B+ à mon devoir grâce à lui alors… j’ai fait ce qu’il m’a dit. J’me demandais un peu comment il pourrait bien savoir que dans quelle salle j’étais, mais du coup, ça faisait un défi marrant à le voir relever. Et puis il est venu bien sûr. Je changeais souvent de salle mais chaque fois, il me trouvait » dit-il un sourire emprunt de nostalgie apparaissant sur son visage pâle « Maman a commencé à se poser des questions au bout d’un moment. Je rentrais rarement à l’heure, mes notes avaient augmentées et, même si elle trouvait ça bien évidemment, c’était aussi un peu louche. Comme je voyais pas ce qu’il y avait de mal là-dedans, je lui ai tout expliqué assez vite et elle a eu peur. Elle s’est dit que Jim était sûrement un pédophile et elle m’a interdis de le revoir. Dès le lendemain, elle s’est pointée à l’école et elle a exigé de parler avec lui. La directrice… Enfin elle lui a dit que j’inventais tout et que c’était très cruel parce que, Jim Manning était mort il y a trois ans de ça, assassiné par un sale type défoncé qui voulait piquer une télé. Il faisait des heures supp pour financer son mariage ou la venue de son premier bébé, un truc comme ça, je me souviens plus exactement. Maman était très gênée et elle m’a fait la leçon, mais c’était pas… Elle m’a pas disputé d’avoir inventé cette histoire, elle m’a juste ordonné de dire au Monsieur de me laisser tranquille et de plus essayer de me revoir ou de me parler. J’étais content de m’en sortir si bien parce que j’pensais vraiment avoir fait un truc mal comme elle pleurait et tout ça... Jim a été très déçu quand je lui ai dit mais il comprenait… Je l’ai quand même revu de loin parfois et il me disait bonjour. Je lui répondais pas mais ça m’faisait un peu mal au cœur parce que je l’aimais bien et je savais qu’il voulait juste m’aider au fond, qu’il était pas méchant… A partir de là, maman me demandait toujours avec qui je parlais en général, qui j’avais rencontré aujourd’hui, etc. Elle me demandait leur nom complet et je devais lui donner. Parfois le lendemain, elle revenait me dire que je devais arrêter de leur parler et sinon, elle me disait rien. A l’époque je savais pas trop pourquoi elle faisait ça mais maintenant je crois avoir compris… »
      « Elle faisait des recherches sur eux. Pour savoir si… »
      « S’ils étaient morts ou pas, oui » acquiesça douloureusement Aidan « Elle était pas plus proche de moi parce qu’elle m’aimait plus que vous. J’étais pas son préféré, j’étais juste celui qu’elle surveillait le plus »

    Un ange passa. L’atmosphère était électrique et Aidan n’osait toujours pas relevé la tête pour croiser le regard de ses frangins, pendus à ses lèvres.

      « Et cette voix, Aidan ? A qui elle appartient ? »
      « A un type sur qui j’ai fait des recherches… Vous savez qui » s’étrangla-t-il, sentant soudain quelques larmes venir lui brûler les yeux « M’obligez pas à le dire. J’veux pas dire son nom »
      « Est-ce qu’il est là, en ce moment ? »

    Aidan sécha rapidement ses yeux d’un revers de la main, poussa un lourd soupir, déglutit péniblement puis tenta de reprendre la parole. Sa voix était un peu plus tremblante que précédemment et son détachement était de l’histoire ancienne à présent.
    Il était bouleversé, tendu, terrifié.

      « J’vous l’ai dit, c’est comme s’ils passaient par ma tête pour se manifester. Mais certains veulent pas être vus, ils veulent pas me montrer leur corps. Ceux là…ceux-là ils…ils veulent prendre le mien » murmura-t-il en levant ses yeux de nouveau remplis de larmes vers Aahron


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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Sam 01 Sep 2012, 18:14

Ce que venait de révéler Aidan aux yeux de tous allait en contresens de tout ce en quoi il croyait, c’est-à-dire peu de choses. Samuel n’avait jamais cru en Dieu, au paradis, en une quelconque vie après la mort, pas plus qu’à tous ces charlatans qui prétendaient posséder le troisième œil. Pourtant, il était prêt à croire en toutes ces choses si ça expliquait le comportement de son cadet depuis leur arrivée ici. Il voulait bien croire aux fées, aux vampires, aux lycanthropes et aux démons, au Père Noël et à la petite souris, et aux Républicains. N’importe quoi.
C’est la raison pour laquelle ce dernier n’émit aucune objection, aucun regard emplit de doutes, aucune raillerie qui aurait put mettre en doute les révélations du plus jeune de la fratrie. Au lieu de ça, son esprit divagua vers des questions qui n’avaient pas vraiment lieu d’être et qui toutes concernaient sa mère.

Elle-même n’avait jamais remit en cause ce que Aidan lui avait dit, pire, aux dires de son cadet, elle n’avait pas eu l’air surprise d’apprendre que son jeune fils voyaient des morts et communiquaient avec eux. Elle l’avait simplement mis en garde et éloigner du problème autant que possible. Et c’est partir de cette constatation que mille et une questions se bousculaient à la porte de son cerveau. Y croyait-elle vraiment ou fermait-elle les yeux sur une possible incohérence mentale? Et si elle y croyait et ne s’était pas montrée surprises, était-ce parce qu’elle-même possédait ce don, cette tare? Il ne savait pas réellement comment qualifier la chose vu l’état de son frère actuellement. Si les « fantômes » existaient vraiment, est-ce qu’un paradis existait? Ses parents y étaient-ils?

Aidan avait parlé de sensibilité, et il n’était de ce fait pas surpris qu’aucun autre ne possède cette aura ou il ne savait quoi. Pourtant il ne put, une nouvelle fois, s’empêcher de se tourner vers son neveu qui avait avoué lui aussi entendre cette voix, celle de Francis Mercer, celui qui avait tué toute sa famille dans cette maison, à l’instar du célèbre film d’horreur dont il s’amusait à reproduire la musique pour effrayer Aidan quand ils étaient plus jeunes. Ironie du sort…

Mais ce qui glaça le sang du barman, ce fut la dernière phrase de son frère. « Ceux là…ceux-là ils…ils veulent prendre le mien ». Alors quoi, il était genre possédé?

« Jm’ souviens pas qu’il se baladait avec une hache à la main dans Sixième Sens » le tira Isaac des pensées qui s’entrechoquaient à l’intérieur de sa boîte crânienne.

Monsieur Sciences, qui ne pouvait concevoir qu’on ne puisse pas expliquer les choses avec des équations ou des raisons logiques, et qui ne pouvait concevoir que son frère voyait des morts ou parlaient avec eux. Sam ne lui en voulait pas, il n’arrivait même pas, au fond, à savoir s’il y croyait réellement ou s’il souhaitait juste y croire. Mais pour Isaac, un mort n’était qu’un amas de chaire morte, un candidat pour les dons d’organes ou la recherche médicale.

« Non la hache c’est dans AmityVille, ou Shining à la rigueur » rétorqua le jeune homme sur un ton détaché, s’attirant un regard noir de la part de son aîné, mais aussi son silence alors qu’il se laissait finalement tombé sur une chaise.

Et quelques anges passèrent avant que celui-ci reprenne la parole, le regard dans le vague, sans vraiment se rendre compte de ce qu’il avait lâché.

« Je l’ai vu » lança-t-il en sentant des regards se poser sur lui, interrogateurs. « Maman » se justifia le barman, gardant les yeux baissés en triturant son verre vide. « Je sais que c’était pas un fantôme, juste mon esprit qui me jouait des tours, mais je l’ai vu, au pique nique, pendant que Charlie chantait. Elle m’a regardé et m’a sourit. Vous savez, ce sourire qui voulait dire qu’on était pardonné. Quand on faisait une connerie et qu’elle nous gueulait dessus avant de nous envoyer dans notre chambre. On faisait pas les mariolles » lâcha-t-il dans un léger rire nerveux. « Elle nous faisait la tronche deux ou trois jours et puis un matin, quand on se levait, y’avait notre petite déj’ préféré sur la table. Là elle se retournait et elle nous souriait, et on savait que l’orage était passé. »
« C’est ta manière de dire que tu crois à tout ça? »
« Je n’ai aucune explication rationnelle pour ce qui se passe. Rien qui explique que mon petit frère ait menacé Allie d’une hache, que ses yeux se teintent d’une étrange façon, qu’on ne puisse pas le réveiller, que Charlie ait subi une tempête uniquement centrée sur l’épicerie, que Julie n’était pas vraiment au téléphone avec Aidan, que des gens disparaissent ici sans laisser aucune trace. Alors oui j’y crois. Si Aidan le dit alors j’y crois. Si maman y croyait alors j’y crois deux fois plus » exposa le blondinet dans une longue tirade, avant de reprendre sa respiration. « Mais si l’un d’entre vous peut me donner une explication logique, je suis tout ouïe » conclut ce dernier en fixant surtout Isaac.

Il n’avait pas remis en cause une seconde les propos de son cadet, quant à la surprise, elle était là bien évidemment, mais il devait au préalable digérer la masse d’informations qui s’étaient abattues sur lui ce soir. Peut-être, ensuite, se rendrait-il compte que tout ça n’avait aucun sens, ou au contraire, expliquait bien des choses…

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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Dim 02 Sep 2012, 15:52

    Possession... Allie y avait pensé bien entendu car il était logique que ce ne soit pas vraiment Aidan qui ait fait tout ca. Sans ses étranges visions il lui aurait fallu bien plus de temps pour accepter tout cela mais plus maintenant. A ce point, c’était presque totalement logique.

    Avec le discours des deus blonds, une évidence lui avait sauté au visage, une évidence qui lui faisait une peur bleue. Il était clair que ce n’était pas elle qui était dotée de cette saloperie de tare mais bien les deux filles. Et ce qu’avait dit Aidan concernant sa mère et ce qu’il voyait lui donnait envie de pleurer de nouveau.

    L’infirmière enfouit son visage dans ses mains tout en se forcant à ne pas lâcher une larme. C’était un cauchemar. Est-ce que ses propres filles allaient voir des fantômes comme Aidan ? Est-ce qu’elle allait elle aussi devoir jouer à l’inspecteur pour voir si elles parlaient à des morts ou non ? Il y avait de quoi devenir dingue. Elle allait devenir dingue rien que de vivre ca. Si elle pouvait prendre ce truc pour elle et les laisser vivre normalement comme elle le ferait. Putain de Donnelly...

    C’était la première fois qu’elle pensait une chose pareille mais sa colère et la réalisation qu’elle ne pourrait rien y faire lui donnait envie de tout plaquer et de se tirer. Très égocentrique mais comment pouvait-elle ne pas penser à l’avenir ? À leurs avenirs respectifs ? Ce n’était pas normal, personne ne devait vivre ce genre de truc !

      « Il n’y a pas d’explication logique parce que ce n’est pas quelque chose de logique ! »

    La métisse s’était redressée bien droite dans sa chaise pour les fixer un à un, son regard s’arrêtant bien plus sur Aidan qu’elle ne l’avait souhaité.

      « Il faut qu’on trouve un moyen pour que ca cesse ! Je ne parle pas des visions de fantômes et autres trucs qui empoisonnent nos vies mais cette histoire de ceux qui veulent prendre ton corps. Il doit bien y aoir un moyen non ? »

    Il fallait qu’il y ait un moyen.

      « Je ne sais pas comment tout ca fonctionne mais il doit y avoir quelque chose à faire et il faudrait aussi expliquer ca à Petey puisqu’apparrement il entend des choses. Peut-être que lui aussi voit tous... les autres. »

    Bonne chance pour Aahron qui n’allait surement pas être d’accord avec ce qu’elle venait de dire mais c’était pourtat le ca non ? La vérité toute crue était qu’elle était vraiment paumée et qu’elle se foutait des histoires de l’épicerie et autres conneries. Ce qui importait était d’arrêter le ‘fantôme’ qui voulait prendre Aidan. Le reste passait bien à côté.

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MessageSujet: Re: 07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]   Dim 02 Sep 2012, 18:25

Sa facilité à encaisser cette nouvelle, à être capable de poser la moindre question, le surprenait lui-même. Cependant, au fond, il savait que ça n’était pas le cas, il se contentait de traiter les informations reçues, sans y mêler la moindre émotion, la moindre réflexion. Il se faisait l’effet d’être une éponge, s’imprégnant de données qu’il recracherait lorsqu’il serait trop plein…
S’il avait commencé à réfléchir un peu à tout ça, il aurait été aussi perdu que paniqué. Parce que ce qui arrivait à son frère était abominable. Si ce qu’il disait était vrai et qu’il n’était pas simplement fou à lier alors les fantômes existaient bel et bien, et pas que de bons esprits souhaitant veiller sur leurs proches encore en vie.
Si ce qu’il disait était vrai, alors Petey aussi faisait face à ce genre de choses continuellement et il n’avait rien remarqué jusqu’à présent. Rien voulu voir. Il prenait ça comme une horrible défaite, presque une trahison. Il avait trahi son propre fils en lui jurant qu’il était capable de faire partir les montres de sous son lit, de son placard, que la petite lumière sur sa table de chevet le préserverait du mal. Toutes ces petites conneries qu’un père pouvait débiter à son garçon pour l’endormir…
Que pouvait bien penser Petey de lui alors ? Qu’il était bien gentil mais qu’il lui racontait des salades ? Qu’il n’était pas assez fort pour repousser les méchants fantômes et les voix s’exprimant au travers du corps de son oncle ? Qu’il était incapable de le protéger ? Qu’il ne l’aimait pas assez fort pour ça ?
Ces pensées auraient été intolérables, impossibles à gérer. Alors Aahron n’y pensait pas et jouait les éponges, s’engorgeant des informations qu’on lui fournissait sans rien en faire.

Aidan voyait des gens qui n’étaient pas là, parlait avec eux. Margaret avait été u courant et avait veillé à ce qu’il ne lui arrive rien de fâcheux. Elle cherchait à savoir si les amis de son petit dernier étaient en vie ou bien des fantômes, en faisant quelques recherches dans les archives de la bibliothèque de la région ou sur Internet quand ils avaient enfin fini par l’avoir à la maison. Parfois les fantômes étaient gentils et ne cherchait qu’à aider et d’autres fois, ils voulaient s’emparer du corps de gens sensibles comme Aidan pour faire… quoi au juste ?
Du mal aux autres, voilà.

La remarque d’Isaac le sortit de la torpeur vers laquelle il s’était doucement laissé glisser depuis qu’Aidan avait cessé de parler. Il porta sur son frère un regard assassin. Alors c’était tout ce qu’il trouvait à dire après ces révélations ? Une remarque stupide et blessante qui ne répondait à absolument rien de ce qui venait d’être dit ? C’était comme ça qu’il voulait la jouer ?
Aahron allait rétorquer avec colère mais Samuel le devança, tempérant les choses sans peut-être le faire exprès, noyant le poisson. Mais la remarque n’en avait pas moins atteinte Aidan qui essuya discrètement ses larmes, la tête basse, l’air honteux.
L’ainé se garda pourtant d’intervenir d’une quelconque façon, que ce soit en allant voler dans les plumes d’Isaac ou en essayant de consoler Aidan. Il replongeait dans cet état d’hébétude qu’il venait de quitter.

Il n’accorda d’ailleurs pas un grand intérêt à la suite. L’évocation de leur mère en ces termes le touchait bien un peu, faisait remonter une petite bouffée de nostalgie loin d’être déplaisante mais sans plus.
Aahron nota que Samuel avait l’air enclin à croire à tout ça, mais peut-être qu’il n’avait juste pas encore tout assimilé correctement et que, comme lui, il se contentait pour le moment de tout absorber. Quand il se retrouverait seul, quand il en viendrait à repenser à tout ça, les choses seraient peut-être différentes.

N’empêche qu’il marquait un point avec cette remarque sur Margaret…
Elle était catholique mais n’avait jamais été pratiquante et ne leur avait jamais forcé la main, contrairement à leur père qui était un peu plus porté là-dessus. Mais elle avait cru Aidan ou du moins, lui en avait-elle donné l’illusion…
Pourquoi ne pas en parler avec eux si elle le pensait vraiment doté d’une telle capacité ? Pourquoi ne pas leur demander de garder un œil sur lui ? Elle l’avait toujours fait bien entendu, mais pas plus qu’avec un autre d’entre eux. Ils devaient veiller les uns sur les autres sous peine de se faire arracher les yeux, mais elle n’avait jamais insisté sur quoi que ce soit de particulier avec Aidan… Pourquoi ?
Il allait formuler la question à haute voix mais Allie intervint.

Et son intervention, comme celle de Samuel était pertinente. Bien plus que toutes celles de son crétin de fiancé depuis le début de cet échange…
Se concentrer sur le pourquoi du comment était au moins aussi important qu’arriver à mettre un terme définitif à tout ça. Quelque chose lui disait que c’était en comprenant vraiment qu’ils y parviendraient, mais il fallait que quelqu’un soulève cette question. Et la réponse n’était-elle pas évidente ?
Si l’on parlait de possession (parce que c’était bien de ça qu’ils étaient en train de parler), la solution a plus évidente était un exorcisme en bonne et due forme…


« Je connais quelqu’un qui pourrait peut-être nous renseigner » s’en mêla alors Aahron, sans relever la partie à propos de Petey

C’était dans ses plans mais il préférait un tête à tête avec son garçon pour ce genre de conversation. Et il ne l’entamerait pas avant que Petey ait eu droit à une bonne nuit de sommeil… A condition qu’il parvienne à fermer l’œil.
Tous les regards convergèrent vers lui, excepté celui d’Aidan qui sanglotait silencieusement sur sa chaise à ce qui lui paraissait, la tête basse et les épaules secouées à intervalles réguliers.
Aahron jeta un coup d’œil à sa montre puis leva les yeux vers Isaac, affichant une expression dédaigneuse.


« Rends-toi un peu utile et va m’chercher le foutu téléphone. Tout de suite » ordonna-t-il avant de se désintéresser de lui pour se tourner vers Samuel

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07. Wakey wakey sleeping beauty [Donnelly's]

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