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 01. Well, here we are... [Aidan, Samuel & Charlie]

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A million miles from home, I'm walking ahead ; I'm frozen to the bones, I am.

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MessageSujet: 01. Well, here we are... [Aidan, Samuel & Charlie]   Ven 11 Sep 2009, 21:46

« Chapter One : Highway to Hell »

    Aidan poussa un soupir blasé et lourd de sens, un regard critique dirigé vers Aahron. Son ainé le soutint un moment avant de lever les mains au ciel et de se détourner sans plus de cérémonie. Un sourire mutin étira les lèvres de l’adolescent tandis qu’il l’observait rejoindre Isaac et Allie au bureau de poste du petit village de Grayson. Son frère s’était renseigné avant qu’ils prennent la route et il s’était avéré que l’endroit servait également d’agence de location. Si cette polyvalence avait d’abord intrigué tout le monde, maintenant qu’ils avaient vu le village de leurs propres yeux, ils ne s’en étonnaient plus. La rue où les Donnelly avaient grandis à elle seule était très certainement plus peuplé que Grayson ! Et pourtant, les garçons s’y étaient toujours senti un peu à l’étroit.
    Le jeune homme surprit une fois encore le regard soupçonneux d’Isaac avant que les trois compères ne s’engouffrent dans la poste. Satisfait, Aidan se tourna vers Samuel qui se détournait lui aussi de ses frères. Ils s’entreregardèrent sans un mot, se sourirent fugacement, puis dans un même mouvement firent volte face.

    Alors qu’ils pénétraient dans le village - leur voiture accompagnée dans sa procession par les regards de quelques passants curieux - ils avaient repéré une petite épicerie dans laquelle son frère et lui avaient proposé de se rendre. La raison officielle de cette virée était de faire quelques provisions en vue de leur emménagement dans une des maisons à louer de Grayson. L’officieuse étant bien entendu de se monter une réserve d’alcools et autres sucreries à laquelle leurs frères n’auraient pas accès. Ça et le fait qu’ils avaient tous deux besoin de se dégourdir les jambes et pas franchement envie d’écouter une vieille bonne femme (du moins au téléphone, Doris Jefferson avait semblé vieille à Aidan) leur parler d’un contrat d’habitation. La journée avait été assez longue et pénible comme cela. Il n’avait pas fallut longtemps à l’un comme à l’autre pour réaliser qu’ils avaient la même envie de fuir et qu’une alliance contre les deux autres serait nécessaire. Aahron et Isaac avaient d’abord protestés, évidemment. Ils étaient venus ensemble, prendraient la maison ensemble, la visiterait ensemble et déchargeraient leurs valises ensemble ; comme quatre braves petits mousquetaires. Très peu pour lui. Et puis il ne ferait que les ralentir avec son bras blessé… cet argument n’avait pas pesé bien lourd dans la balance cela dit. Fort heureusement, comme souvent depuis que Margaret n’était plus là pour le faire, Allie était intervenu et avait assuré qu’ils se débrouilleraient très bien tous les trois et que des provisions seraient les bienvenues. Isaac avait vite craqué face au minois de sa fiancée et Aahron avait été contraint de rendre les armes : défaite numérique. C’était moche mais ça arrangeait bien les affaires d’Aidan qui ne trouva pas le temps de compatir.

    L’adolescent jeta un rapide coup d’œil par-dessus son épaule pour observer une dernière fois la petite bâtisse boisée dans laquelle ses frères avaient disparus. Un nœud étrange lui enserra l’estomac sans qu’il ne sache vraiment pourquoi ; ou du moins, sans qu’il ne veuille s’en avouer la raison. Il avait éprouvé cette curieuse sensation de malaise dès l’instant où il avait aperçu le panonceau indiquant le village… Il se donnait l’impression d’être un de ses vieux soldats qui se sait envoyer en terrain hostile et a conscience qu’il n’en reviendra certainement pas. Il se sentait idiot pour ça et chaque fois que l’idée germait dans son cerveau et s’imposait à lui, Aidan la chassait. Mais c’était plus difficile maintenant que ses frères et lui étaient séparés.
    Son regard azuré se porta en direction de Sam qui marchait nonchalamment à ses côtés et terminait la cigarette qu’il s’était allumée dès leur descente de voiture. Il avait l’air serein, confiant. Sûrement parce qu’il ne pensait pas que Grayson représente un quelconque danger. Et dans le fond, c’était certainement lui qui avait raison… mais dans le fond aussi, Aidan n’y croyait pas vraiment.

      « Tu crois qu’ils vendent vraiment des trucs ici ? » finit par demander le plus jeune pour rompre le silence monotone qui régnait dans le village « J’imagine bien les rayons vides... tu sais, deux trois boîtes sur des étagères poussiéreuses, comme dans ces films d’horreur complètement glauques. Ça commence souvent comme ça. Quatre gars plus ou moins réglos, une nana mignonne et propre sur elle, un endroit paumé plein de gens bizarres… et puis des types difformes qui veulent bouffer tout le monde ! » sourit Aidan alors qu’il traversait la rue déserte pour rejoindre le petit local au coin de la rue « Tu veux qu’on pari sur le nombre de dents restantes du caissier ? Non ! Sur le nombre de fois où il crache ! Ils font souvent ça dans les films… c’est d’un cliché »


    Son pied se posa sur le trottoir devant l’épicerie et son frère s’arrêta pour se goudronner les poumons une ultime fois puis jeter son mégot. Il ne leur avait pas fallut plus de deux minutes pour parcourir la distance qui les séparaient maintenant de la Volvo de location garée devant Adam Street. C’était à la fois comique et d’un ennui mortel...


Dernière édition par Aidan S. Donnelly le Lun 20 Déc 2010, 13:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 01. Well, here we are... [Aidan, Samuel & Charlie]   Dim 13 Sep 2009, 01:26

    C’est avec un soupir d’allégeance que Samuel retrouva la mobilité de ses jambes, descendant du véhicule à la suite de sa famille. La première chose qu’il fit fut bien sûr de s’allumer une cigarette et d’en aspirer une bouffée salvatrice, avant de se tourner vers sa fratrie, les mains sur le toit de la Volvo. Le voyage avait été long, ce n’était pas peu dire, mais avec l’aide de son cadet et malgré les réticences de Isaac plongé dans le monde de Tolstoï, ils avaient terminé la route au son de Metallica, ce qui était en soi une réussite. Un voyage si long que la petite scène qui se jouait devant lui l’amusait presque. Comme à son habitude, le jeune homme restait à l’écart, se contentant d’observer sans participer. Leurs parents étaient morts, mais certaines choses restaient immuables. Aahron prenait les décisions, Isaac suivait, et les deux plus jeunes n’en avaient que faire. La seule personne dont le rôle semblait prendre plus d’importance était Allie, sa future -il l’espérait- belle-sœur, qui jouait à présent une zone tampon entre les plus jeunes et les plus vieux.
    Le benjamin, se lassant de contempler le spectacle qu’offrait ses aînés, laissa son regard errer sur les toits de la ville, et pendant une fraction de seconde, il se demanda quelle obscure raison l’avait poussé à les suivre tous, avant que sa mémoire ne lui rappelle qu’il devait pas loin de mille deux cent dollars à une brute épaisse. Mais le spectacle de la ville, quasiment déserte et rendue encore plus lugubre par les épais nuages gris, n’offrait pas beaucoup plus de distractions.

    Heureusement, il croisa le regard de Aidan et un sourire factieux de conspirateur naquit sur ses lèvres, tandis qu’il tirait sur sa cigarette. Parfois, certaines paroles étaient inutiles pour se comprendre, surtout quand une mutinerie se préparait sur le navire. Et avec deux petits génies dans leur genre, on se retrouvait plus facilement devant l’épicerie d’un trou paumé pour mettre à exécution leur petit plan plutôt que dans un bureau de poste à remplir de la paperasse administrative. Il écrasa sa cigarette, songeant à la brève symbolique qu’il perçut à cet instant, celle d’écraser son addiction et de reprendre un peu les choses en mains. De toute façon, il doutait sérieusement que Grayson renferme des tables de jeu clandestines. Une petite ville de campagne tout ce qu’il y a de plus normale, et de plus ennuyeuse…Hallellujah!

    « Ce serait plutôt le genre à vendre le lait traie le matin et de la nourriture bio et saine » répliqua l’aîné avec une mine apeurée à l’idée de ne pas trouver un bon vieux hamburger surgelé. Il écouta ensuite le petit discours de son frère, un sourire complice sur les lèvres. « On a de la veine, c’est toujours l’intello borné qui se fait bouffer en premier » commenta-t-il d’un ton enjoué. « Et puis la fille aux gros lolos, dommage pour Allie » tiqua celui-ci un peu ennuyé. « Enfin je serais toi je m’inquièterais pas trop pour mes fesses, dans tous les films le petit jeune un peu insouciant mais brave s’en sort, et se retrouve seul survivant avec le héros du film, alias Aarhon. Pauvre de toi, je compatis mec » blagua ce dernier en lui donnant une tape sur l’épaule.

    Samuel essaya bien de distinguer par la baie vitrée à quoi pouvait bien ressembler le caissier en question, mais de sa position, il ne voyait que tapis mécanique, et son propre reflet, ce qui ne le mettait pas vraiment à son avantage. Depuis la veille, son œil et sa lèvre avaient dégonflé, mais la teinte violacée qui faisait le tour de son orbite ne mettrait personne en confiance, c’était certain, et jetant un coup d’œil à Aidan dont le bras était plâtré, il dut retenir un léger fou rire.

    « Moi je parie sur le quarantenaire mou du bide et son fusil à pompe coincé sous la caisse. A ton avis qui il va dézinguer en premier, le type au plâtre ou celui à l’œil au beurre noir? » demanda-t-il en haussant plusieurs fois les sourcils, ce qui lui arracha une grimace de douleur, alors qu’il poussait son cadet à l’intérieur, une clochette tintant à leur entrée et qu’ils se stoppaient tous les deux dans leur élan.

    Ils restèrent là, plantés comme des piquets et comme deux abrutis qu’ils étaient, regardant la caissière qui ne devait guère être beaucoup plus âgée que Samuel et qui ne ressemblait en rien aux stéréotypes qu’ils s’étaient imaginés.

    « Tu disais quoi à propos de sa mâchoire édentée vieux? » minauda Sam avec un léger sourire.
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MessageSujet: Re: 01. Well, here we are... [Aidan, Samuel & Charlie]   Dim 13 Sep 2009, 02:26

    Les yeux fixés d'un air morne sur une barre chocolatée rangée sur l'une des étagères, Charlie écoutait distraitement la guitare sèche résonner dans ses oreilles.
    Elle ne partait jamais travailler sans son lecteur mp3. Cela aurait été du suicide. S'infliger une mort cérébrale en toute connaissance de cause, c'est considéré comme un suicide.
    Et Charlie n'était pas suicidaire alors elle n'oubliait jamais son mp3. Et quand elle l'oubliait, elle retournait à la maison pour soulever chaque objet afin de lui mettre la main dessus.
    La simple idée d'une journée entière dans ce silence presque totale la rendait malade.

    * Je me demande si quelqu'un est déjà mort d'ennuis... * Songea-t-elle, plissant les yeux sur la barre de chocolat qu'elle fixait toujours.
    Mais la réponse n'était malheureusement pas inscrite sur l'emballage, juste la date de péremption.
    Son regard s'assombrit encore un peu. Finalement, elle arracha péniblement ses yeux noisettes de la friandise, perdue au milieu d'un étalage de ses semblables.
    Elle observa fixement l'horloge.
    Encore une demie heure.
    Trente minutes entières.
    1800 secondes...

    La jeune femme poussa un long, très long soupir rauque, accoudée de ses deux bras au petit comptoir. Lentement, elle se laissa choir en avant, jusqu'à ce que son front touche la surface lisse et froide.
    Elle allait rester dans cette position jusqu'à sa fin. D'ici quelques heures, son cerveau arrêterai de fonctionner et elle se fondrait au comptoir.
    Ainsi elle serait libre de l'ennui. Ca ne s'ennuie pas un comptoir...

      « C'n'est pas bon pour votre dos de vous tenir comme ça, ma petite » Fit alors une voix chevrotante devant-elle


    Charlie mit quelques secondes encore avant de se redresser, un grand sourire aux lèvres. Elle ôta rapidement son casque qu'elle laissa pendre à son cou.

      « Vous avez fini vos achats Madame Pietsky ? »
      « Oh j'ai sûrement oublier la moitier, comme d'habitude » Sourit doucement la vieille femme aux traits ridés.
      « Vous n'aviez rien oublié la semaine dernière » Répliqua la caissière en observant sa vieille cliente déposer une boîte de poudre à lessivé non loin d'elle.
      « Ah bon ?... oui, c'est juste » Médita Madame Pietsky.


    En réalité, la semaine dernière, Madame Pietsky était revenu trois fois de suite, dont une fois pour acheter des boîtes pour chat. Et pour comprendre l'ironie de la chose, il fallait savoir que Madame Pietsky avait perdu son fidèle Sapholeon il y a de cela un an déjà.
    Le digne félin était décédé à l'âge canonique de 17 ans, et non pas de sa belle mort, mais bien parce que sa maîtresse, elle aussi d'un âge plus qu'avancé, avait oublié de le nourrir pendant plus de quatre jours.
    Depuis, elle n'oubliait plus jamais les boîte pour chat. Et si elle les oubliait, elle revenait de chez elle jusqu'au petit magasin pour les acheter.
    Tel était le mystère le plus épais de cette ville :
    Que faisait Madame Pietsky de toute ces boîtes de nourriture pour chat depuis une année entière ?
    La vision de cette vieille femme esseulée, assise à la table de sa cuisine austère pour déguster des boulettes de volaille en sauce prit Charlie aux tripes.

      « ... depuis, sa voisine en fait tout une affaire ! Si vous saviez le nombre de personne qui s'en plaigne ! Moi je trouve que l'on devrait en parler au maire... même si je le trouve un peu mou parfois...» Marmonna Madame Pietsky, ramenant Charlie à la réalité.
      « ... J'imagine » Sourit bêtement la jeune femme sans savoir à quoi elle répondait.

    Et elle ne le sut jamais. Les deux femmes se retournèrent d'un même mouvement vers la porte d'entrée du magasin quand la petite clochette de celle-ci tinta allègrement.
    Deux grandes têtes blondes venaient de faire leur entrée dans le petit magasin.
    Deux têtes blondes non identifiées, évènement d'une rareté remarquable.
    Ce n'était pas de la guitare sèche qu'il fallait à ces deux là pour une introduction, mais bel et bien quelques rifs de guitare électriques...

    Le plus grand des deux avait un oeil au beurre noir et un air blasé. L'autre, plus jeune et plus fin, affichait un sourire contenté, ainsi qu'un plâtre allègrement taggé au niveau du bras.
    Nul doute qu'avec un look de bad boy pareil, ils n'allaient pas se passer une heure avant que la moitier de la ville n'entende parler d'eux.
    Les deux étrangers passèrent devant la caisse où un silence totale régnait maintenant pour s'engager dans les rayons après un rapide salut.

      « Hm ! On aura tout vu... » Marmonna Madame Pietsky.
      « C'est sûrement les membres d'un gang très dangereux Madame Pietsky » Chuchotta la caissière « Vous devriez filer »
      La vieille acquiesça, et disparu dans les minutes qui suivirent.
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MessageSujet: Re: 01. Well, here we are... [Aidan, Samuel & Charlie]   Dim 13 Sep 2009, 11:52

    Aidan acquiesça aux premières remarques de son ainé, arborant pour quelques instants une moue méditative, l’air de dire que ça tenait la route et qu’il n’y avait pas songé. Mais très vite, il s’avoua vaincu et laissa un sourire un peu niai poindre à ses lèvres, dessinant deux fossettes sur ses joues juvénile. Il se mit à glousser en imaginant les airbags d’Allie sauter. Ce serait effectivement très dommage… Le jeune homme allait lui répliquer que le comique de la bande –et c’était assurément Samuel- connaissait souvent une fin particulièrement horrible. On le démembrait souvent. Ca faisait partit du kit.
    Mais une vision terrifiante qu’il tentait désespérément de chasser à chacun de ses réveils l’assaillit brusquement ; graine empoissonnée germant à vitesse grand V dans son esprit. Sa plaisanterie morbide n’eut alors plus rien de drôle à ses yeux. Son frère ne vit rien du voile apeuré qui avait habillé ses traits l’espace d’un instant tandis qu’il se laissait submerger par ses propres souvenirs. Déglutissant péniblement, Aidan leva son regard azuré et perdu vers son ainé, occupé à tourner le sien vers l’intérieur de l’épicerie avec intrigue. Samuel ne tarda pas à lui redonner son attention, pariant sur l’allure de celui qui serait leur caissier d’un ton enjoué, haussant les sourcils d’un air évocateur qui lui arracha une grimace de douleur.
    Croiser un Donnelly malmené était monnaie courante. Plus jeune, Aahron se battait pour un oui ou pour un non, un regard trop insistant, un geste qu’il pensait déplacé, une remarque quelconque. Samuel et lui-même avaient toujours été plus casse-cou que vraiment bagarreurs, même s’ils ne rechignaient jamais à donner quelques coups pour défendre leur honneur ; mais depuis peu, les dettes de jeu de son frère lui faisaient recevoir plus de coups qu’il n’en distribuait. C’est bien connu, on ne frappe pas l’homme à qui ont doit de l’argent… soit on le tue et on fuit, soit en paie. D’une manière ou d’une autre. Et pas toujours la douce.
    La plaisanterie ayant déjà trop duré et la souffrance ayant momentanément fait perdre son sens de l’humour à Samuel, ce dernier poussa Aidan à l’intérieur de la boutique, mettant ainsi fin à leur débat puéril.

    Mais ils se figèrent dans un tintement de cloche familier lorsqu’ils y pénétrèrent. Les yeux d’Aidan s’écarquillèrent et sa bouche forma un ‘o’ de surprise risible. Il avait la fâcheuse manie de laisser ses sentiments s’imprimer sur son visage… A son entrée dans l’épicerie, ses traits révélaient un mélange d’ahurissement et d’envie. Immobile aux côtés de son frère, il entendit vaguement sa remarque et répondit dans un souffle, par automatisme, comme sous hypnose.

      « Remonte la tienne de mâchoire, Loup » fit-en référence au célèbre dessin animé de Tex Avery


    Jugeant qu’il avait eu l’air d’un parfait idiot pendant assez longtemps comme ça, Aidan adressa un sourire de toute blancheur à la brune à la beauté singulière qui tenait la caisse. Cette dernière venait d’échanger quelques mots avec sa cliente. Une bonne femme plutôt vieille qui, par son contraste d’avec l’inconnue, la rendait plus jolie encore. Evidemment, la fille était plus âgée que lui, sûrement de l’âge de Sam ou d’Isaac. Mais peu lui importait : toutes les générations avaient droit de la regarder et de l’admirer.
    Enfonçant son coude valide dans les côtes de son frère, il lui désigna l’un des rayons aux hasards pour faire comprendre qu’il dirigeait les opérations. Malheureusement, il ne tarda pas à constater que c’était le rayon des cosmétiques qu’il venait de désigner et se dirigeait déjà d’une démarche nonchalante qu’il voulait décontractée mais sexy. Loin de se décourager cela dit, il fit mine que tout ça était parfaitement calculé et passa devant les étalages de boites de tampons sans les voir. Fort heureusement, le mur du fond recelait de petites merveilles et, oubliant un instant qu’il était là pour impressionner, il attrapa un paquet de marshmallows, les yeux brillants de gourmandise.

      « Oh ! On en prend dis ? » Demanda-t-il en se tournant vers son frère. Se rappelant très vite de la présence de la caissière sexy et sentant son regard peser sur lui, il reprit « Je pourrais nous faire un petit feu dans le fond du jardin. Je suis sûr que ça plairait beaucoup à Allie ! C’est une gourmande, si tu vois ce que je veux dire » fanfaronna-t-il


    Il y avait une chance sur deux pour que Samuel lui sorte une réplique humiliante à souhait et ne révèle la supercherie. Mais de toute manière, ce ne serait que partie remise, Aidan avait plus d’un tour dans son sac et rarement honte de lui-même. Et puis il avait besoin de s’amuser un peu après ces quelques jours de confinement en milieu hostile, à l’arrière de la Volvo. Jouer les paons devant un beau brin de fille allait certainement le distraire.

      « On fera passer ça avec quelques booze bien sûr » termina le jeune homme d’un ton détaché qui était censé le faire paraitre rebelle et super cool
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MessageSujet: Re: 01. Well, here we are... [Aidan, Samuel & Charlie]   Dim 04 Oct 2009, 20:15

    Pari perdu pour l’un comme pour l’autre à la vue de la jeune caissière à la coupe de cheveux garçonne mais au visage fin et ma foi plutôt agréable. Suivant le conseil avisé de son cadet, Samuel referma la bouche et son regard se perdit sur la petite vieille, qui ressemblait d’avantage à l’idée qu’il se faisait des campagnardes. Cette dernière les dévisageait comme deux insectes qu’il fallait rapidement écraser, et leur look n’arrangeant rien aux préjugés que l’on pouvait se faire sur eux, le jeune homme ne lui en voulut pas vraiment. L’idée cependant de glisser la main sous sa veste en même temps qu’il lançait « c’est un hold-up » lui tira un sourire espiègle, mais il se ravisa. La caissière n’était peut-être pas une quarantenaire mou du bide, mais le fusil à pompe planqué sous la caisse n’était pas une option que ce dernier avait totalement écarté.
    Il en oublia bien vite la présence de son frère, qui se rappela à lui par un léger coup de coude dans les côtes, suffisant pour lui arracher un soupir, souvenirs de la torchée qu’il s’était prise quelques jours plus tôt. Le jeune homme suivit donc Aidan sans broncher, adressant un sourire forcé à la vieille dame en passant devant elle, s’engouffrant dans les rayons cosmétiques puis hygiènes féminines, ce quoi paraître viril et macho à souhait. Qu’il était bon parfois d’être un homme quand il vit les dizaines de boîtes de tampons défiler sous ses yeux. Pisser debout était vraiment une option agréable quand on venait de passer plusieurs jours dans une voiture, s’arrêtant sur des aires routières plus ou moins propres. Il entendait encore l’indignation de Allie et son refus catégorique d’urine dans ces toilettes et un nouveau sourire étira ses lèvres. Il se stoppa en même temps que Aidan, regardant son frère comme si il avait fumé un joint, avant de comprendre son petit manège.

    « T’es au courant que t’as l’air d’un gros naze? » souffla Samuel sans ton mais discrètement, pour n’être entendu que du petit blondinet. Mais heureux de passer un moment seul avec lui et puisque ce dernier avait prit le parti de fanfaronner, il leva les yeux au ciel, dos à la caissière, et se força à prendre une voix enjouée et impressionnée « Ca me rappelle la fois où on avait décidé d’aller camper et après s’être perdus, tu nous as sauvé la mise en faisant ce feu alors qu’il ne restait qu’une allumette, réussissant à faire fuir ce cougar, et par la même occasion, tu as pu goûter à la gourmandise de Allie! » s’exclama Samuel avec presque idolâtrie, alors que son visage n’exprimait aucune émotion. « C’est bon, j’en ai assez fait où tu veux que parle du grizzly qui a attaqué notre tente? » murmura-t-il un peu moqueur. « Bon je vais chercher l’alcool, occupes toi des cochonneries à becter » conclut l’aîné en se dirigeant vers le rayon adéquat.

    Prenant un panier en plastique avec lui, Samuel prit soin de choisir ses bouteilles avec précaution, prenant les moins chères pour qu’il leur reste assez d’argent pour acheter deux trois trucs consistants pour contenter l’intello, sa copine et Han Solo. Tequila, Vodka, bière en pack et autre y passèrent, de quoi faire quelques réserves pour l’hiver, ou en tout cas pour quelques jours. Quelque chose lui disait qu’être enfermé dans une maison avec ses deux frères aînées en quête d’investigations en tout genre nécessiterait une bonne dose de gamma dans le sang, et ce, de manière quasi discontinue. Son panier à peu près rempli au goût de son frère et de lui-même, il partit à la recherche de Aidan, s’arrêtant devant un rayon bien précis et un peu reculé, qui réussit à lui le faire rire pour la première fois depuis qu’il était partit de Cleveland. Prenant l’objet de sa future blague, il le planqua dans la poche arrière de son jean troué, prenant garde à ne pas être vu de la jolie caissière et retrouva rapidement son cadet dans le rayon des gâteaux en tout genre.

    « Faut qu’on mette au point un plan » lâcha simplement Samuel, faisant mine de réfléchir « Je paye l’alcool et les gâteaux, tu payes la bouffe équilibrée et tu te fais rembourser grossièrement par Aarhon et Isaac après, puis on partage les bénéfices. Tu roules? » S’enquit le jeune homme sur le ton de la connivence.

    Si c’était Aidan qui demandait qu’ils paient leur part, ils ne demanderaient pas la note pour vérifier, mais la réciproque ne s’affirmait pas pour Samuel, qui paraîtrait déjà suspect à leurs yeux en revenant avec un sac rien que pour lui. A moins qu’ils soient encore au bureau de poste à leur retour et qu’il puisse planquer leur magot.
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MessageSujet: Re: 01. Well, here we are... [Aidan, Samuel & Charlie]   Dim 04 Oct 2009, 23:33

    Le sourire mutin d’Aidan perdit peu à peu son éclat face aux remarques peu encourageantes de son frère. Ses sourcils qu’il haussait précédemment d’un air qu’il souhaitait ravageur se froncèrent pour exprimer son trouble. Bien évidemment, le jeune homme avait parfaitement conscience de se rendre ridicule et d’accumuler toutes les spécificités du dragueur lourd et macho qui faisait fuir les filles comme la peste ; l’excès de parfum mis à part cela dit.
    Mais il n’y avait pas de mal à se faire du bien après tout. Après ces interminables heures passées à appréhender leur arrivée dans la voiture, se dégourdir la tête et l’esprit en jouant les gamins était pour lui un excellent moyen d’oublier son stress. D’oublier où ils étaient.
    Mais heureusement, même s’il n’avait sans doute pas agit pour ces raisons-là, Samuel enchaîna en rentrant dans son jeu. Non, il avait plutôt sauté à pieds joints dedans et venait de tout éclabousser sur son passage. Il le décrédibilisait complètement mais Aidan ne s’en offusqua pas le moins du monde. Il ne se vexait pas aussi facilement et avait un sens de l’autodérision assez poussé pour ne pas en vouloir à son frère.
    Lorsque ce dernier lui demanda s’il en avait fait assez, le cadet arbora une moue songeuse, les yeux levés au ciel. Il fit mine de réfléchir longuement sur la question mais Sam ne lui laissa pas l’occasion de rebondir et s’éloigna leur chercher les alcools.

      « Et surtout ne vole rien, ton casier est assez chargé comme ça » lança-t-il mesquinement, armé de son plus innocent sourire

    Son frère fit mine de ne pas l’entendre mais Aidan se risqua à zyeuter la caissière pour s’assurer qu’elle, l’avait bien entendu. Cette dernière venait de saluer une vielle bonne femme et l’observait s’éloigner pour finalement quitter l’épicerie dans un tintement de cloche. Dès que sa cliente eut disparu, son regard dévia jusqu’à lui. Le jeune homme adressa un nouveau sourire à la brune au teint subtilement halé puis se détourna avant de la voir le lui rendre.
    Il fallait savoir se faire désirer.
    Se disant que le regard de la caissière pesait toujours sur lui, le petit blond aux yeux clairs pris une grande inspiration et parcouru les rayons en prenant un air important et affairé. Bien sûr, il aurait été plus crédible s’il avait été face à autre chose que le rayon confiserie…
    Choisissant de s’en moquer, le jeune homme envoya quelques paquets rejoindre celui des marshmallows qu’il tenait contre sa poitrine de son bras plâtré. Il fredonna un morceau de Queen tout en observant le contenu des rayons, écoutant son ventre plus que sa raison lorsqu’il se servait.
    Une fois ses bras chargés au maximum, il cala laborieusement un paquet de chips entre ses dents. Son frère choisit ce moment pour revenir vers lui, son panier lourdement chargé de bouteilles d’alcools. Aidan aurait aimé se laisser aller à sourire devant cette délicieuse vision mais c’aurait signifié faire échapper son paquet. Il écouta son frère avec attention et acquiesça silencieusement en faisant tomber quelques unes de ses marchandises dans le panier. Sam ouvrit la bouche, certainement pour lui reprocher d’alourdir sa charge, mais se retint lorsque son regard clair dévia vers le plâtre de son cadet.

      « D’acc ! Il nous reste plus qu’à effectivement acheter des produits sains » fit remarquer Aidan avant de passer devant lui pour approcher le rayons des conserves « Hmm… légumes verts, sortez sortez, où que vous soyez…ah ! »

    Le jeune homme attrapa quelques boites au hasard, ne prêtant ni attention aux dates de péremption, ni à ce qu’elles contenaient effectivement. C’était vert, ça ferait l’affaire. Aidan en attrapa une deuxième qu’il leva en direction de Samuel pour lui signifier qu’il s’était acquitté des basses besognes et qu’il pouvait aller à la caisse.
    Sans prendre la peine d’attendre son ainé ou d’avoir son approbation, il se rapprocha d’un pas décontracté vers l’entrée de la petite épicerie (du moins espérait-il que sa démarche paraisse cool, 100% naturelle et complètement décontractée).
    Une fois encore, il se fendit d’un large sourire pendant qu’il déposait les deux boîtes sur la surface boisée puisqu’il n’y avait pas de tapis roulant ici.

      « Bonjour » la salua le jeune homme d’un ton charmeur, plongeant son regard clair et brillant dans celui de son interlocutrice

    Il aurait pu se contenter de ça mais il n’était pas dans ses habitudes de faire les choses à moitié. C’est donc tout naturellement qu’il enchaina en laissant tomber le reste de ses achats.

      « Je m’appelle Aidan Donnelly et le grand type qui en a mangé, c’est l'un de mes frères, Samuel. On vient d’arriver à Grayson et on va s’y attarder quelques semaines sans doute » ajouta-t-il sans se défaire un instant du sourire qui creusait deux sillons sur ses joues pâles « Je suppose que les nouvelles circulent vite dans ce genre de petit village et que vous l'aurez appris rapidement mais je préfère répandre les rumeurs moi-même et me présenter plutôt qu'être annoncé. Surtout qu'on ne sait jamais qui va se charger de dresser votre portrait, n'est-ce pas ? »

    Il y avait une chance sur deux pour que la brunette le remballe. Les gens vivant dans des endroits tels que celui-ci n’aimaient pas toujours qu’on les rabaisse au rang de commères… mais il y avait mis le ton et la forme et espérait qu’elle comprendrait qu’il ne voulait en rien être vexant.
    Mais à en croire l’expression du visage de la belle, elle avait compris ses intentions et voyait clair dans son petit jeu. Parfaitement même. Enfin il aurait fallut être aveugle pour ne pas remarquer qu’il la draguait gentiment…
    Samuel apparut dans son dos au moment où la dénommée Charlie D. (c’était le nom apparaissant sur son petit badge) prenait la parole.
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MessageSujet: Re: 01. Well, here we are... [Aidan, Samuel & Charlie]   Lun 05 Oct 2009, 13:40

    Après le départ de Madame Pietsky, Charlie était restée seule dans le petit magasin en compagnie des deux étrangers. Elle avait pu ainsi les observer en toute tranquillité.
    La jeune femme avait tendu l'oreille à chacune de leur répliques et avait du mal à se faire une idée sur leur comportement. Le moins qu'on puisse dire c'est que celui-ci collait parfaitement à leur allure peu commune.
    Du moins l'était-elle pour les habitants de Grayson.
    Charlie n'était pas comme eux, et ne l'avait jamais été. Durant sa courte existence elle avait beaucoup voyagé et rencontré toute sorte de personne.
    Deux types de leur genre ne lui faisait pas peur ou ne lui paraissaient pas plus dangereux que ça, mais il restait un point nébuleux dans tout ça :
    Pourquoi venir à Grayson ?
    Elle-même s'y trouvait car elle n'avait aucun autre choix possible. Elle était constamment sur la paille et avait toujours eu plus ou moins la poisse dès qu'elle s'était éloignée de cet endroit. Et elle était plus ou moins la seule dans ce cas à Grayson. Les autres habitants y étaient par choix, ou depuis leur naissance, et non pas complètement coincé comme elle.
    Alors pourquoi ces deux jeunes aux allures de citadins plutôt bagarreurs venaient se perdre dans le trou le plus paumé de tout les USA ?
    La seule option envisageable pour la jeune femme était que ces deux drôles de mecs étaient de passage et choisissaient cet endroit pour faire le plein et se ravitailler avant de tailler la route vers de nouvelles aventures passionantes.
    Peut-être même qu'ils étaient en cavale. Peut-être qu'ils se trouvaient être deux grands meurtriers recherchés par toute la police de l'état. Où alors deux cambrioleurs de haut vol !
    Le seul moyen pour eux d'échapper aux autorités était d'aller de petit village en petit village pour rester le plus inaperçu possible.
    Peut-être qu'il leur viendrai à l'esprit de la kidnapper après avoir volé les 200 dollars de la caisse et qu'ils l'emmèneraient avec eux sur les routes...

    Charlie sourit à cette pensée et se pencha plus en avant pour suivre les deux garçons du regard.
    Ils venaient de parler d'un couguar...
    La jeune femme arqua un sourcil et se redressa vivement, interloquée.
    Peut-être qu'en fait ils travaillaient dans un cirque itinérant qui passaient non loin de Grayson après tout. Le tout était de savoir si certains cirque possédaient des couguars !

    Cette idée fut bien vite abandonné quand le plus jeune des deux avaient ajouté quelque chose sur le casier judiciaire de son aîné.
    Finalement, la première solution était peut-être la bonne, aussi étrange que cela puisse paraitre.
    Et aussi étrange que cela puisse paraitre, Charlie était complètement fan de cette idée.
    Il ne s'était rien passé d'aussi intéressant dans cet épicerie depuis le jour ou Monsieur Dompson avait fait un arrêt cardiaque dans le rayon des surgelés !
    Charlie était toute seule avec lui et avait du appelé les secours. Malheureusement, Monsieur Dompson était mort deux heures plus tard à l'hôpital.
    C'était très triste pour lui mais Charlie avait été autorisée à prendre quelques jours de congés. Depuis, elle espérait toujours que les petits vieux de Grayson choisissent son lieu de travaille comme mouroir.
    Aussi glauque que cela puisse paraître,...

    Elle fut interrompue dans ses intenses réflexions par l'apparition du plus jeune des deux étrangers qui venait de surgir devant son comptoir et Charlie fut presque déçue d'apprendre qu'ils n'avaient pas exactement l'intention de la kidnapper.
    Non, c'était bel et bien deux nouveaux habitants de Grayson.
    Mais par quel odieux maléfice cela était-il arrivé ? Elle n'en savait rien.

    Une chose était sûr, l'adolescent qui lui faisait face était en pleine période de chaleur.
    C'est souvent le cas quant on sort de prison... ou quand on sort de la puberté.
    Ou les deux en même temps...
    Au choix...

    Charlie sourit au jeune homme, jetant un regard furtif au plus âgé qui les avait rejoins entre temps.

      « Et bien...je suppose que vous avez raison » Finit-elle par sourire vaguement tout en commençant à scanner leurs achats.
      Elle leur jeta encore quelques regards.
      « Moi c'est Charlie,... Charlie Doyle » Ajouta la jeune femme en désignant son petit badge
      Un ange passa avant qu'elle ne trouve avec quoi enchaîner.
      « Hum... alors comme ça... vous venez... vivre à Grayson ? »
      Elle n'avait pas pu s'empêcher de froncer le nez en disant cela. L'idée lui paraissait trop saugrenu, trop étrange. On ne pouvait atterrir ici que par bétise, ou par obligation.
      « C'est plutôt bizarre comme choix... vous avez de la famille ici ? »


    Elle ne voyait pas d'explications plus logiques à leur présence autre que la sienne. Si elle n'avait pas eu de famille à Grayson, sa grand-mère en l'occurence, elle n'y aurait jamais mit les pieds. Jamais.
    Pour rien au monde. Même pas pour un concert de rock.
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MessageSujet: Re: 01. Well, here we are... [Aidan, Samuel & Charlie]   Mer 14 Oct 2009, 23:07

    L’envie de lever son médius à l’attention de son cadet se fit grandissante après sa dernière remarque, mais Samuel se contenta de lever les yeux au ciel et de se diriger vers le rayon des alcools. Oh oui, bouteilles salvatrices! Et puis sait-on jamais, après avoir entendu cela, si tenter qu’elle l’ait entendu, la caissière trouverait peut-être judicieux de prévenir les forces de l’ordre et le benjamin de la famille obtiendrait alors gain de cause avec un peu d’action. Car trois jours enfermés dans une voiture où le moment le plus intense avait été la dispute en ce qui concernait la musique et le débat qui avait suivi pour savoir qui avait laissé cette charmante odeur par temps de pluie -avec impossibilité d’ouvrir les fenêtres- il avait vraiment besoin d’un soupçon de piment. Et puis le jeune homme était curieux de voir à quoi ressemblait les flics dans le trou du cul du monde. Un shérif avec des bacchantes aussi impressionnantes que sa prépondérance abdominale et qui abandonnerait la course poursuite au bout de trente mètres. Quoi qu’il devrait se méfier de ses préjugés. Une brunette filiforme à la place d’un quadragénaire mou du bide, plutôt loin de ses idées conformistes.
    Tout ceci ne changeait rien au fait qu’il se retrouvait avec son frère en surplus hormonal bien décidé à gagner les faveurs de la caissière, ou se retrouver en compagnie d’un moralisateur et d’un pseudo psychologue philosophe peu compétent. Pourquoi diable était-il ici déjà? Ah oui, deux mille dollars de dettes, et l’envie saugrenue de se rapprocher de ses aînés. Y’a pas à dire, il devait être maso quelque part, ce qui expliquait sa gueule de raton laveur.

    Revenant vers Aidan, il constata avec satisfaction qu’ils s’entendaient au moins sur une chose, les confiseries et l’alcool, et bien que ce dernier se décharge sur lui, il ne lui en tînt pas rigueur et le suivit docilement au rayon du géant vert. Haricots verts et petits pois régnaient en maître ici, au milieu des carottes et autre cucurbitacées, et Samuel eut une moue dégoûtée en voyant son frère remplir le panier de toute sorte de produits sains.

    « Je devrais faire une minute de silence, le temps pour moi de regretter les Burritos, les Tacos, Les sandwichs au porc cubains et les Bagels frais de la boutique à l’angle de Kennedy et de Cinquante-sixième rue » lâcha le jeune homme sur un ton solennel, une main sur le cœur en essuyant une larme fictive au coin de son œil.

    Voyant Aidan s’éloigner vers la caisse, il resta quelques secondes à contempler les boîtes de conserve, rêvant de nourriture grasse et calorique, le temps de regretter Cleveland quelques instants, puis trouvant qu’il s’était assez ridiculisé, Sam décida de rejoindre son compagnon de beuveries et bêtises en tout genre, évidemment en train de faire les yeux doux à la caissière. Il vérifia que la paquet pris dans le rayon parapharmacie se trouvait encore dans sa poche, puis rejoignit les deux amoureux transis d’un pas nonchalant, écoutant avec attention ce qu’il se disait. Après tout, mieux valait rester méfiant face à une jeune trop curieuse et à un adolescent en manque d’affection.

    Charlie Doyle…Ca sonnait plutôt bien, et il laissa son regard dévier vers elle. La jeune femme était encore plus agréable de près et il ne put retenir un léger sifflement ironique pointer face à ses questions. Vivre ici? Grand dieu non! Voyant que Aidan s’apprêtait à se lancer dans un discours sans fin pour expliquer la raison de leur présence ici, il décida de lui couper l’herbe sous le pied histoire de ne pas assister à ne scène grotesque de roucoulement.

    « Ah au fait Aidan, j’ai trouvé ce que tu cherchais, je t’avais bien dit qu’ils en faisaient partout » lança-t-il en fouillant la poche arrière de son jean. Il laissa alors tomber une boîte de préservatif devant la caissière, sur laquelle l’inscription XS -Extra Small- était écrite en caractère gras. « Par contre, ne compte pas sur moi pour te payer tes capotes. » Puis il se tourna vers Charlie. « On fait paiement séparé » expliqua ce dernier en déballant son panier. Il profita de cet instant de silence pour répondre aux interrogations de la jolie brune.

    « En fait on est juste de passage, nos parents nous ont conseillé cet endroit après être passé par là il y a quelques années. Oui je sais, ils sont sadiques, et je les soupçonne de n’avoir fait que pour nous obliger à renforcer les liens fraternels, cruel et perfide vous trouvez pas? » se plaignit le jeune homme. « De toute façon, sans vouloir vous vexer, il faudrait être barge pour vouloir habiter ici, pas vrai Aidan? » continua l’aîné en jetant un coup d’œil à son frère, mais celui-ci semblait momentanément indisponible. « Enfin si vous connaissez un endroit sympa, si possible avec de la bière où traîner, ce serait sympa de nous faire signe, on a loué une bicoque sur East Jefferson, et on risque de pas beaucoup bouger. Alors si un jour vous avez pitié de deux citadins désoeuvrés… » conclut-il ne laissant sa phrase en suspens, le sourire aux lèvres, ce qui avec son œil au beurre noir, devait le faire ressembler au Joker dans le dernier Batman.
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MessageSujet: Re: 01. Well, here we are... [Aidan, Samuel & Charlie]   Mar 20 Oct 2009, 13:40

    Un sourire exagérément enthousiaste étira les lèvres pâles du jeune homme lorsque la caissière se présenta à eux. Il devait passer pour un idiot à demander le prénom d’une femme qui le portait sur le devant de son vêtement mais peu importait. C’était les règles dans le jeu de la séduction après tout. On se présente, on demande le nom de la belle inconnue et on parait ravi de l’entendre le prononcer. Comme si on venait de nous faire une immense faveur.
    Jugeant que son sourire pour pub de dentifrice suffirait, Aidan ne chercha pas à enchainer, fixant sans relâche la caissière. Les jeux de regards étaient tout aussi important qu’une introduction réussie. Pour l’instant, il semblait qu’il marquait des points. Du moins s’en persuadait-il.
    En réalité évidemment, il se moquait même complètement que Charlie s’intéresse à lui ne serait-ce qu’un parce que lui et sa famille était l’attraction du moment. Il avait d’autres choses en tête. C’était juste un moyen comme un autre de les oublier. Le jeu était souvent un bon remède à ses maux.
    Le fait qu’il avait déjà une petite amie qui l’attendait sagement à Cleveland n’interférait cela dit en rien…
    Julie était une chic fille, indéniablement. Elle avait la tête sur les épaules, un sens de l’humour appréciable, elle était jolie et Aidan savait qu’il aurait dû profiter de ses bras un peu plus au lieu de la fuir… Il avait conscience d’agir comme un lâche et de la blesser, mais c’était plus fort que lui.

    Le jeune homme chassa ces pensées parasites au moment où Charlie lui demandait les raisons de leur présence. Les garçons s’étaient mis d’accord sur une histoire à raconter. Ça ne lui avait pas vraiment plu mais Aahron semblait y tenir alors il avait appris par cœur leur bobard.
    Tandis qu’il ouvrait la bouche pour le déverser dans les oreilles de la caissière qui l’observait d’un air interrogateur, Samuel intervint.
    Il avait finit par l’oublier mais son frère se rappela à lui d’une manière plutôt… inattendue. Inattendue et franchement odieuse.
    Aidan posa son regard clair sur la boîte que son frère avait agitée un instant avant de la laisser tomber sur le tapis roulant. Le jeune resta bloqué un instant dessus, la bouche toujours ouverte et les yeux écarquillés, peinant à réaliser ce que Sam venait d’oser faire.
    Bien sûr, ils s’étaient tous les deux cherché ces dix dernières minutes et chacun y avait été de sa petite remarque stupide ou déplacée. Mais là… les choses venaient juste d’aller trop loin pour lui.
    En temps normal, ce genre de blague l’aurait amusé. Il aurait rebondi sans trop de difficultés et aurait ruminée sa vengeance. Une vengeance qui aurait été parfaite et aurait à son tour effrité l’égo de son ainé.
    Seulement aujourd’hui n’était pas un jour comme les autres et Aidan n’arrivait pas à faire fonctionner correctement son cerveau embrumé par trop de fatigue. Au lieu de faire s’activer ses méninges pour trouver comment réagir, il devait lutter contre lui-même pour ne pas se laisser aller à pleurer.
    Ses mâchoires maintenant crispées, il entendit vaguement son frère répondre à sa place à Charlie. Son souffle était un peu court, ses poings serrés par le ressentiment. Il n’en voulait pas à Sam, il s’en voulait à lui de ne pas réussir à gérer sa frustration correctement.
    C’était stupide ! Pourquoi réagissait-il comme ça ? Il ne s’agissait que d’une mauvaise blague et il y avait de grandes chances pour que Charlie ne soit pas dupe et comprenne le petit manège de son frère. Alors pourquoi n’arrivait-il pas simplement à laisser couler ? S’il prenait ça à la rigolade, sa fierté serait à peine ébranlée et il s’en sortirait la tête haute. C’était facile à réaliser.
    Et pourtant, il ne savait plus comment s’y prendre. Il avait beau se creuser la tête, il n’arrivait plus à savoir comment sourire, comment hausser les épaules d’un air désintéressé. Il ne trouvait plus ses mots.
    Les seuls qui lui venaient à l’esprit étaient des mots maintes fois prononcés quand il était plus jeune et se trouvait dans le même genre de situation.
    « J’vais l’dire à maman »
    Sauf qu’il n’y avait plus de maman et plus rien à lui dire.
    Il n’y avait que cette phrase obsédante qui tournait dans son esprit, l’empêchait de réfléchir, le frustrait et faisait remonter une foule de souvenirs à la surface.
    Des souvenirs qui lui paraissaient si loin maintenant ; qui semblaient même appartenir à quelqu’un d’autre.

    Aidan finit par relever ses yeux clairs sur son frère puis sur Charlie. Aucun d’eux ne se préoccupait de sa petite personne. Son frère et la caissière parlaient librement, comme s’il n’avait même pas été là.
    Les traits du jeune homme se durcirent et, incapable de se maitriser plus longtemps, la gorge nouée, il réagit enfin.
    Sans vraiment savoir pourquoi, sans réellement contrôler son mouvement, il leva son pied et asséna un coup perfide dans le tibia de son frère, les yeux brouillés de larmes mal contrôlées. Sans demander son reste et sans adresser un seul regard à Charlie, il se détourna d’un pas pressé et tira la porte de l’épicerie avec force. Il s’engouffra à l’extérieur et s’éloigna rapidement.
    Son cœur cognant dans sa poitrine qui se soulevait au rythme rapide de sa respiration, Aidan traversa la rue sans prendre la peine de surveiller la circulation. De toute façon, ils étaient dans le trou du cul du monde, il n’y avait sans doute pas beaucoup de voitures par ici.
    Le jeune homme se dirigea justement vers la leur et, poussant une exclamation coléreuse, il s’y adossa, les bras obstinément croisés. Il fixa alors la façade de l’épicerie qu’il venait de quitter et tenta de se calmer. Évidemment, savoir qu’il venait de se ridiculiser en quittant le commerce ne l’aidait pas beaucoup dans sa tâche…
    Tout ça pour une boîte de capotes. C’était ridicule. Et maintenant, Charlie allait sûrement penser qu’il était parti en claquant la porte parce qu’effectivement, il en avait cherché et s’était senti humilié de les voir ainsi exposée. Peut-être même qu’elle et Samuel étaient en train de rire de lui en ce moment… ils auraient bien raison ! Il était ridicule !
    Ou peut-être qu’elle s’en fichait complètement, et Sam aussi. Avaient-ils seulement noté son absence ? Non, sûrement étaient-il trop occupés à se draguer comme les deux idiots sans retenus qu’ils étaient !

    Aidan poussa un long soupir et sa colère disparu avec l’air qui quitta ses poumons en gonflant ses joues. Il ne se sentait même plus stupide, frustré ou quoi que ce soit. Simplement las. Extrêmement las.
    Fourrant sa main valide dans la poche de son pantalon, il observa le décor distraitement, cherchant du regard le bureau de poste où devaient se trouver les autres. Il aurait aimé qu’Allie soit là. Elle, elle savait toujours quoi faire pour lui remonter le moral. Non, pas Allie, sa mère…
    Le jeune homme détourna son regard du bureau de poste pour observer la rue dans son ensemble, un nœud désagréable au fond de l’estomac. Le même qu’il avait tenté d’ignorer depuis qu’il avait aperçu le petit panonceau annonçant leur arrivée à Grayson.
    Mais maintenant qu’il était seul, vulnérable, ses angoisses se rappelaient à lui insidieusement.

    Il y était. Il était sur le dernier sol foulé par leurs parents. Dans le village duquel ils avaient tentés de joindre Aahron quelques heures avant leur prétendu accident de voiture. Mais il n’était pas dupe. Il savait bien ce qui leur était arrivé. Pas en détail. Les détails lui échappaient à chacun de ses réveils. Ça ne l’empêchait pas de savoir.
    De savoir et d’être présentement terrifié à l’idée de se trouver dans le même village qu’eux. Et si jamais tout ça tournait mal ? Et si jamais il arrivait quelque chose à ses frères, à Allie ? Serait-ce sa faute ? Bien sûr, c’était Aahron qui avait proposé qu’ils partent, mais il savait qu’il aurait pu le faire changer d’avis. Il aurait pu mais il ne l’avait pas fait à cause de ses rêves.
    S’il avait eu un peu plus de bon sens et de volonté, peut-être qu’il aurait pu faire changer son frère d’avis. Peut-être qu’ils ne seraient pas là aujourd’hui.

    Son œil fut attiré par du mouvement à sa droite et Aidan tourna son visage pâle et tourmenté en direction de Samuel qui remontait lentement l’allée pour le rejoindre. Qu’allait-il lui dire ? Devait-il s’excuser pour sa réaction disproportionnée ?
    Le jeune homme décida qu’il n’en ferait rien. Il se contentant de soutenir le regard de son frère sans un mot, le visage inexpressif.
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MessageSujet: Re: 01. Well, here we are... [Aidan, Samuel & Charlie]   Jeu 22 Oct 2009, 04:51

    En pleine discussion avec la jolie brune, ou plutôt dans ce qui ressemblait plus à cet instant à un monologue improvisé, Samuel en oublia la présence de son cher et tendre à ses côtés. Il faut dire qu’habitué à un moulin à paroles qu’il se devait de supporter si l’on en croyait les lois de la génétique, le silence de son cadet semblait lui faire perdre le sens des réalités. Et focaliser comme il l’était dans un mensonge qu’il n’avait pas complètement assimilé, le cerveau du jeune homme demandait une plus forte concentration. C’est durant leur périple en Volvo que Aarhon avait voulu mettre au point une excuse commune, au cas où il serait interrogé et à y réfléchir, les deux comparses devaient déjà la mettre en pratique vingt minutes à peine après leur arrivé à Dawson, Leyton...peu importe. Le problème est qu’après trois jours passés sur la maquette arrière d’une voiture dite familiale, à supporter les longues phrases de Isaac, le discours moralisateur de leur aîné et se forcer à ne pas loucher sur la poitrine de Allie assise à ses côtés, l’excuse en question était ressortie de sa tête aussi vite qu’elle y était entrée, si tenter fusse-t-il de penser qu’elle y soit entrée un jour.
    Avec un peu de chance, Samuel en aurait retenu l’essentiel et les autres n’auraient pas à rencontrer Charlie. C’est dans cette idée en tout cas qu’il se concentra.

    « Sinon c’est pas trop naze de bosser dans une épicerie où les seuls clients sont des vieilles…dames et des… » commença-t-il mais il ne finit jamais sa phrase.

    Si le jeune homme stoppa son discours d’une façon aussi brutale, et ponctué d’un râle sonore, ce fut à cause d’une violente douleur au tibia dont il ne comprit pas immédiatement la cause, avant de tourner son visage vers Aidan dont les traits étaient déformés par la colère, ou quelque chose qui y ressemblait à s’y méprendre. Les yeux embués, ce dernier le regardait comme si il allait se jeter sur lui pour le dévorer vivant, mais alors que l’aîné se préparait à recevoir un autre coup, il vit le plus jeune se détourner et sortir de l’épicerie à grandes enjambées, faisant tinter la clochette du magasin.

    Le regard du grand blond, dont la bouche s’était entre ouverte de stupéfaction, resta bloqué sur la porte d’entrée, ne comprenant pas vraiment ce qui venait de se passer et si cette scène était bien réelle. Il se refit rapidement le fil de l’histoire dans sa tête, revenant à la boîte de capotes jetée devant la caissière, mais ça ne pouvait définitivement pas être cela, et en même temps, ça ne pouvait pas être autre chose. Mais non! Ils faisaient tout le temps ça, se lancer des vannes, s’humilier en public, se lancer des défis débiles dont la conclusion était un bras dans le plâtre et jamais Aidan ne se vexait et vice versa. Et si il fallait chercher des raisons plus complexes, Samuel n’était pas le plus habile pour ça.
    Une seule chose était certaine, il se sentait comme le roi des cons, planté ici tout seul devant la caissière…

    **Charlie!**

    Se retournant vers elle, il lui adressa certainement le sourire le plus faux et le plus pathétique de la terre, ne sachant pas vraiment quoi dire. Si ils avaient eu une chance de paraître cool et de faire bonne impression auprès de la premières habitant de cette ville, c’était raté. Ils passeraient pour des tarés névrosés, ce qui il faut l’avouer, ne changeait pas beaucoup de Cleveland. Certaines choses restaient visiblement immuables.

    « Ai-je précisé que le lien de parenté n’avait jamais été génétiquement prouvé? » demanda avec rhétorique Samuel après s’être éclairci la voix, se massant le tibia en même temps. « Euh…je crois que je ferais mieux d’y aller » ajouta ce dernier en prenant un sac et en fourrant les bouteilles et les bonbons à l’intérieur. « Faut pas lui en vouloir, c’est un chouette gosse mais il a passé trois jours enfermé dans une voiture avec un intellectuel et un prêtre moralisateur pour sa défense, ça déglinguerait le cerveau de n’importe qui » se justifia-t-il, défendant ce qui restait de l’honneur de son cadet bien qu’il fusse en pétard contre lui.

    Fouillant dans son porte feuille pour dégoter l’argent que lui demandait la caissière, le jeune homme paya et se dirigea rapidement vers la porte. Mais arrivé à mi-parcours, et même si il se sentait un peu coupable de cette scène ridicule, causée par une blague tout aussi ridicule, il fit demi tour et rejoignit la caisse. Posant un des sacs, Samuel attrapa un styla posé non loin de lui et gribouilla son numéro de portable sur le ticket de caisse.

    « On sait jamais…si un jour…enfin pour l’histoire du bar et tout… » commença ce dernier mal à l’aise. « Enfin…salut » conclut-il en filant cette fois-ci pour de bon.

    Mais maintenant qu’il se retrouvait à l’extérieur et qu’il apercevait Aidan adossé à la voiture, il ne savait pas comment réagir. Partagé entre la colère qu’il lui ai mis un coup et la culpabilité de l’avoir humilié. Quand ils se disputaient étant gamins, leur mère venait toujours leur faire la morale, sans crier, avec sa voix douce mais ferme et ils se réconciliaient sur le champ, même si c’était pour se foutre sur le gueule dix minutes plus tard. Mais leur mère n’était plus là, et c’était peut-être là tout le problème. Il était le seul à ne pas avoir donné d’opinion sur leur mort, le seul à paraître détaché, même si c’était tout le contraire. Alors soufflant un bon coup, il s’avança jusqu’à la voiture, passant devant Aidan sans le voir pour poser ses sacs sur les bagages encombrants, prenant au passage l’un des paquets puis le referma d’un claquement sec. Triturant le paquet entre ses mains, il vînt se placer aux côtés de son frère et lui tendit sans le regarder un paquet de marshmallows.
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MessageSujet: Re: 01. Well, here we are... [Aidan, Samuel & Charlie]   Jeu 22 Oct 2009, 09:08

    Aidan fit mine de ne pas voir son frère passer devant lui pour déposer leurs provisions. Aucun d’eux n’était dupe bien sûr mais ça faisait parti du jeu.
    C’était souvent comme ça après une dispute, bien qu’en l’occurrence, le jeune homme se soit énervé tout seul, comme un gosse capricieux (qu’il était d’ailleurs) en pleine colère. Une colère qu’il avait lui-même trouvée ridicule de A à Z… il ne pouvait s’empêcher de mettre sa réaction en parallèle avec celle des enfants qui se roulent dans les supermarchés parce qu’ils n’ont pas pu obtenir ce qu’ils voulaient de leurs parents. Il l’avait souvent fait alors il savait de quoi il parlait.
    Le jeune homme se risqua à poser son regard clair sur Samuel qui farfouillait dans l’un des sacs.
    Il savait qu’il faudrait qu’ils règlent ça avant le retour des autres. Sinon, ils allaient devenir invivables et s’entretueraient probablement avant la fin de la journée. Ça bousillerait un peu leur plan, c’était certain…
    L’embêtant dans cette histoire étant qu’Aidan ne voulait pas s’excuser. Il savait que c’était sans doute la chose à faire mais, même s’il se trouvait stupide d’avoir si théâtralement quittée l’épicerie, il ne pouvait s’y résoudre.
    Ne s’était-il pas assez ridiculisé comme ça ?

    Alors qu’il était plongé dans ses raisonnements, cherchant les mots justes à employer, son frère se tourna vers lui. Aidan détourna son regard immédiatement pour ne pas être surpris en train de le regarder, et se mit à fixer obstinément un point devant lui.
    Soudain, un paquet de sucrerie apparu devant ses yeux clairs et, s’il continua de garder un air impassible quelques instants, il ne pu résister très longtemps à l’appel néfaste des marshmallows…
    Un rictus étira ses lèvres et il adressa un sourire mêlant gourmandise et soulagement à Samuel.
    Avec tout ça, il en avait presque oublié à qui il avait à faire.
    Samuel n’attendait aucune excuse de sa part et c’était quasiment toujours le cas.

    Avec Aahron c’était différent puisqu’ils n’avaient pas grandis ensemble et que son frère était un adulte. Et pour Aidan, c’était un détail qui avait son importance. Même s’ils étaient frères, leur relation était basée sur le respect avant tout. Ils n’avaient pas grand chose en commun et devaient encore se découvrir l’un l’autre.
    Sans compter que le plus jeunes des Donnelly, malgré ses excès et ses bêtises, recherchait toujours l’approbation de son ainé. Le décevoir était donc une véritable torture et il s’excusait toujours platement devant lui.

    Concernant Isaac, les choses étaient encore différentes. Son médecin de frère était sans doute l’être le plus susceptible qui lui ait été donné de rencontrer ! En plus de ça, il avait un égo surdimensionné et ne s’abaissait pratiquement jamais à demander pardon. A part avec Allie mais ça c’était normal puisqu’il avait des besoins physiques…
    Du coup, si Aidan voulait pouvoir lui reparler, il lui fallait se trainer à ses pieds. Et il le faisait parfois littéralement. Ce qui agaçait prodigieusement son frère et l’obligeait à recommencer ses excuses. Mais c’était drôle alors il se le permettait de temps en temps. Notamment quand il avait du public.

    Quand il se disputait avec Samuel en revanche, les choses se faisaient toujours très naturellement. En général d’ailleurs, aucun d’eux ne s’isolait jamais vraiment longtemps et ils finissaient toujours par revenir l’un vers l’autre, comme s’ils avaient été aimantés. Après tout, entre partenaire de débauche, il fallait bien se serrer les coudes. Avec qui auraient-ils pu s’amuser sinon ? Certainement pas avec leurs deux moralisateurs de frères.
    Et les rares fois où les disputes avaient été plus violentes, leur mère était intervenue et tout se réglait très vite. Même si par après, l’un ou l’autre d’entre eux remettait le sujet sur la table…

    Aidan se saisit du paquet que lui tendait toujours son frère et entreprit de l’ouvrir. Une tâche qui n’était pas forcément aisée dans sa condition.

      « Tu as conscience que tu n’auras droit à aucun de ses délicieux petits nuages sucrés rose et blanc j’espère ? » le taquina-t-il en se débattant quelques instants encore avec son paquet

    Il finit par le tendre à son ainé qui le lui ouvrit sans effort et fit mine d’hésiter à le lui rendre. Bien évidemment, il se servit avant de le faire mais Aidan n’émit aucune objection. Tous deux savaient qu’il plaisantait.
    Récupérant les sucreries, le jeune homme enfourna deux rectangles roses dans sa bouche et reprit la parole.

      « Chuis chûr qu’elle crache » ajouta-t-il la bouche pleine « Charlie » précisa-t-il pour répondre au froncement de sourcils interrogateur de son frère « Et chuis chûr qu’elle cachait shon gros ventre derrière la caisse ! Elle a eshayé d’nous rouler, ch’l’ai bien shenti »

    Aidan avala rapidement sa bouchée puis plongea sa main dans le paquet une nouvelle fois pour se resservir sans gêne. Il avait toujours été un estomac sur pattes et ça ne choquerait certainement personne. Surtout pas Samuel qui était son fournisseur officiel de cochonneries.

      « Elle est là pour attirer d'pauvres males innochents mais, heureushment, elle nous a pas eus ! » s’exclama le jeune homme avec une conviction feinte, replongeant déjà la main dans le sachet « J’ai vu clair dans son petit jeu de jolie fille aguicheuse ! En fait, elle est enceinte et quand tu la touche, on t’oblige à l’épouser ! Et alors tu te retrouve coincé ici et tu réalises qu’elle ronfle, crache, qu’elle a six autres enfants tous plus laids les uns que les autres et…et voilà. Tu pourras me remercier quand tu auras encaisser cette terrible annonce » minauda-t-il en ponctuant son discours par un engloutissement de marshmallows
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MessageSujet: Re: 01. Well, here we are... [Aidan, Samuel & Charlie]   Mer 28 Oct 2009, 00:51

    En connaissance de cause, le jeune homme savait que le silence était encore la meilleure option dans ce genre de situation. Pas besoin de longs discours et d’excuses à rallonge pour essayer de briser le froid qui s’était installé, en tout cas pas avec Aidan. Avec ses deux autres frères, Samuel agissait différent, parce qu’il existait dans leur relation une dimension moralisatrice. Le benjamin de la famille avait vu son aîné commettre les quatre cents coups et très jeune il avait assisté au conflit père fils, d’un point de vue extérieur à tout cela. Aarhon n’avait pas été le meilleur adolescent qui soit, mais maintenant qu’il s’était rangé et calmé, la mémoire semblait lui manquer et il se faisait un malin plaisir de jouer les grands chefs, prenant parfois un ton un peu trop paternaliste aux yeux de Sam, qui ne comprenait pas, du haut de ses vingt quatre ans, cette hypocrisie mal placé. Quant à Isaac, lui, il semblerait qu’il ait toujours été un garçon poli et sans problèmes, de quoi en agacer plus d’un, si bien qu’il apparaissait qu’à chaque disputes, ce dernier n’était en aucun cas responsable. Dans les deux cas, si Samuel voulait ne pas se brouiller complètement avec eux, c’était à lui de se confondre en excuse. Bien sûr, il n’était pas dupe et aveugle au point de se considérer comme la victime de toute cette merde, il était assez lucide sur lui-même pour admettre qu’il était un chieur et qu’il foirait beaucoup de choses, s’attirant des ennuis comme un aimant, mais cela n’aidait en rien à faciliter les relations fraternelles qu’il entretenait avec les deux plus vieux des Donnelly.

    Avec Aidan, c’était différent, ils avaient grandi ensemble, le cadet se faisant souvent martyriser par Samuel, comme tout bon dernier d’une fratrie. Mais là n’était pas la question. Les deux derniers avaient une relation plus fusionnelle et bien qu’il s’y prenne trop souvent de manière fort maladroite, Sam essayait tant bien que mal d’être un bon frère avec lui, ou à défaut d’être bon, au moins de paraître cool. Plus souvent ensemble, les disputes étaient donc plus fréquentes, mais heureusement de courte durée.

    C’est la raison pour laquelle un paquet de marshmallow valait mieux que tous les discours au monde, et en voyant la réaction du blondinet, il fut soulagé de constater qu’il ne s’était pas tromper. Et même quand son frère lui fit une menace des plus conséquentes, il garda le silence, s’accordant cependant un mince sourire. De toute façon, l’avantage d’avoir un frangin handicapé était qu’il n’était pas maître de tous ses mouvements et heureusement et quand il lui tendit le paquet pour qu’il s’acquitte de basses besognes, il se servit largement au passage, sachant pertinemment que sa main ne retomberait pas dans les friandises avant que le paquet soit vide. Cependant, il ne fit aucune réflexion susceptible de froisser son jeune frère.
    Pensant être responsable de cette crise de nerfs disproportionnée, le jeune homme préférait ne pas en rajouter une couche. Et comme Aidan semblait avoir retrouvé le sens de la parole, il se garda bien de faire le moindre commentaires, écoutant avec une mine inquiètes le portrait qu’il peignait de la jolie caissière.

    « Elle est un peu garçon manqué mais elle est trop mignonne pour cracher. Et je suis sûr qu’elle a un petit ventre athlétique des plus charmants » répondit Samuel avec un air rêveur, avant de se tourner vers son frère qui le regardait avec méchanceté. « Elle crache et elle a un gros bide! » conclut-il finalement en avalant une poignée de bonbons sans demander son reste.

    Et il écouta avec horreur le discours qu’il lui fit, s’imaginant un instant coincé dans une bicoque au plafond moisi et aux murs à la peinture décrépie à cause de l’humidité, affalé sur un canapé à l’odeur nauséabonde et avec un ventre d’alcoolique, entouré de sept mioches braillant et chahutant à le rendre fou. Y’a pas à dire, ce petit con était balaise pour lui ficher les glandes.

    « Ouais et si tu essaies de la quitter, les habitants de Grayson viennent sonner à ta porte avec des torches et des fourches, te conduisent de force dans une grande aménagée et te font brûler vif ou vendent ton âme au diable » renchérit l’aîné sans grande conviction, n’ayant aucune conscience de la portée de ses paroles. Comment l’aurait-il pu?

    « Tu regardes vraiment trop Sci-fi mon pote, heureusement pour moi, je suis sûr qu’ils ne captent que les infos locales sur leur antenne miteuse. D’ailleurs, en parlant de trucs miteux, la cavalerie revient. » rétorqua le jeune homme en tapant sur l’épaule de son cadet pour désigner ses deux frères et Allie qui revenaient vers la voiture.

    « L’enfer commence » lâcha-t-il avec un profond soupir.
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01. Well, here we are... [Aidan, Samuel & Charlie]

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